Alain JOUBERT

Alain JOUBERT



Alain Joubert est né à Paris en 1936. Il a participé à l’aventure du groupe surréaliste dans les années 1950 jusqu’à son autodissolution en 1969. Dès 1949, il se découvre une passion pour le cinéma et fréquente assidûment la cinémathèque de l’avenue Messine.

Parallèlement, Alain Joubert se livre à la compétition cycliste, tandis que le jazz occupe une place de plus en plus importante dans sa sensibilité. Alain Joubert découvre le surréalisme en 1952 et, trois ans plus tard, encontre André Breton : « J’ai toujours pensé qu’on ne devenait pas surréaliste mais qu’on l’était. On l’était sans le savoir éventuellement. C’est « L’Histoire du surréalisme » de Maurice Nadeau, qui m’a permis de connaître en profondeur le surréalisme. Cet ouvrage est d’une grande importance car il a amené beaucoup de jeunes au surréalisme. Tous les thèmes traités dans cet ouvrage correspondaient à mes propres sentiments de révolte que j’avais à cet âge-là. Je me suis reconnu dans ces thèmes. Pour moi, c’était évident, mon rapport avec le surréalisme correspondait parfaitement avec mon propre sentiment de révolte. J’ignorais que le surréalisme existait encore après 1950, il a fallu un certain nombre de rencontres pour que je prenne conscience qu’il existait toujours. Sans être un analyste politique très affiné, je n’étais déjà pas dupe du parti communiste qui voulait représenter l’esprit révolutionnaire à l’époque. En aucun cas, je ne pouvais me reconnaître dans cette direction. Jamais je n’aurais pu imaginer faire coïncider mon désir de changement de la vie et du monde avec cette vision bureaucratique de la soi-disant révolution. Alors que dans le surréalisme, je trouvais un écho exemplaire à mes préoccupations. »

Alain Joubert participera dès lors à toutes les activités surréalistes jusqu’à l’autodissolution du groupe, décidé par la déclaration SAS, rédigée en 1969 à son initiative.

« En élégant équilibriste sur le fil du sabre du dandysme, selon Philippe Audoin, Alain Joubert, joue, comme l’a écrit Petr Kral, un rôle très dynamique dans tous les débats du groupe des années 60, pour le brancher sur ces frissons nouveaux précurseurs de l’explosion de Mai 68.

 

A lire : Huit mois avec sursis, avec Marc Pierret, Georges Sebbag et Paul Virilio, (Dauphin, 1978), Treize à table (plus deux), illustré par Jean Terrossian, (L’Écart absolu, 1998), Le Mouvement des surréalistes ou le Fin mot de l’histoire (Maurice Nadeau, 2001), Une goutte d’éternité (Maurice Nadeau, 2007),L'Effet miroir, avec Nicole Espagnol et Roman Erben, (Ab Irato, 2008), Robert Lagarde, du geste à la parole (Éditions Des deux corps, 2013) Le Passé du futur est toujours présent (Ab Irato, 2013).



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier : La parole est toujours à Benjamin PÉRET n° 41