Béatrice DOUVRE

Béatrice DOUVRE



Béatrice Douvre est née en 1967, en région parisienne. Anorexique dès l'âge de 13 ans, elle est fréquemment hospitalisée. Elle meurt le 19 juillet 1994, à l'âge de vingt-sept ans. Grâce à Gabrielle Althen, qui fut son professeur à Nanterre (Béatrice Douvre poursuivait des études de littérature et avait soutenu un DEA), puis son amie, Béatrice Douvre avait pu publier en revues de son vivant. Philippe Jaccottet a écrit à son propos : «Je me souviens de Béatrice Douvre : c'était, on le devinait tout de suite, une sorte d'elfe diaphane, un être vibratile, trop frêle pour ce monde où les elfes ne peuvent prendre racine, mais seulement flotter à mi-distance entre terre et ciel. Flotter ainsi est quelquefois leur bonheur, mais sûrement aussi, leur damnation. Béatrice Douvre était un elfe douloureux, dont on ne pouvait qu'appréhender avec crainte le destin.» Gabrielle Althen a écrit, quant à elle : «Cette poésie est miracle. Non l'arrogant miracle par lequel René Char désignait superbement son poème, mais un autre, moins fondé sur l'éclat que sur la découverte d'un manque, heureux peut-être, qui serait celui d'une absence de cloisons entre l'invisible et ce qui se laisse voir.» En recherche d'absolu, Béatrice Douvre avait une haute exigence de l'écriture poétique : Tu es plus belle que mon attente / Plus terrible encore quand le temps cesse / Car tu as cessé de vivre dans le temps. Ailleurs elle se définit comme «la passante du péril». Béatrice Douvre pressentait le sort qui l'attendait. D'où la notion de fragilité, d'éphémère, frappante chez elle. On a retrouvé, après sa mort, 301 poèmes, écrits entre 1986 et 1994. Ils étaient rassemblés en recueils inédits de son vivant. L'abîme n'est jamais très loin, dans cette écriture fortement intériorisée. La poésie fut sa canne-épée, son exil, son pays. Poète, Béatrice Douvre a également laissé des dessins et des peintures. À lire : Œuvre poétique (éd. Voix d'encre, 2000).

 



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules



 
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