Christian DOTREMONT

Christian DOTREMONT



Poète et peintre, Christian Dotremont, né en 1922, à Tervuren (Belgique) et décédé en 1979, à Bruxelles, entre très tôt en contact avec les surréalistes belges. Après un séjour à Paris, sous l'Occupation, il fonde, en 1947, le groupe « surréaliste révolutionnaire », puis l'année suivante, à Paris, avec Appel, Constant, Corneille, Jorn et Noiret le groupe « international d'art expérimental » Cobra, né en 1948 et dissout en 1951. Animateur, théoricien, commentateur du mouvement, Christian Dotremont en est aussi le secrétaire général. Dotremont rencontre Pierre Alechinsky en 1949 avec lequel il collaborera souvent à des œuvres à deux pinceaux. Deux ans plus tard, Dotremont reçoit une bourse de l'Institut danois pour étudier l'art populaire de ce pays. C'est à Copenhague qu'il rencontre celle qui sera épisodiquement sa compagne et lui inspirera de nombreux écrits, poèmes et logogrammes. Atteint de tuberculose, Dotremont fait l'expérience du sanatorium, à Silkeborg, en compagnie d'Asger Jorn. Il relate ce séjour dans son roman La Pierre et l'Oreiller (Gallimard, 1955). Peu après, sa quête le conduit en Laponie, durant l'hiver 1956-1957. La neige lui offre sa page blanche. La main est libre. Le geste se déploie. Le mot trouve sa plénitude. Le logogramme est né. Recherchant « l'unité d'inspiration verbale-graphique », Dotremont propose « des dessins de mot, des peintures de langage », habituellement tracés avec vigueur à l'encre noire et au pinceau sur des feuilles de papier blanc aux formats variables. Les logogrammes sont des poèmes, écrits en état de grande spontanéité, dont les éléments scripturaux, lettres de l'alphabet, chiffres arabes, ponctuations, se dégageant de la norme graphique, se trouvent « distordus, dynamisés, rendus méconnaissables ». Pour préserver la signification de ces nuées de signes, à la lisibilité menacée, Dotremont reporte toujours le poème, l'aphorisme ou le petit dialogue, souvent humoristique, au crayon au bas de la feuille, d'une fine écriture d'écolier. À lire : Œuvres poétiques complètes, Mercure de France, 1998.  La pierre et l'oreiller, Gallimard, 1998.  J'écris pour voir, Buchet-Chastel, 2004.  Un Lapon en Orient, Devillez, 2004.
 







Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier : MARC PATIN et le surréalisme n° 17