Frédérick TRISTAN

Frédérick TRISTAN



Frédérick Tristan, de son vrai nom Jean-Paul Frédéric Tristan Baron, né le 11 juin 1931 à Sedan. Contraint de reprendre, à la mort de son père, une entreprise de machines textiles, Jean-Paul Baron, qui, en 1948, a publié Orphée assassiné, plaquette de poésie sous le pseudonyme de Frédéric Tristan, plonge « avec désespoir » dans l'industrie. Encouragé par André Breton puis par Albert Camus et Jean Paulhan, il n'abandonne pas l'écriture et rencontre le succès en publiant Le Dieu des mouches en 1959 chez Grasset puis Naissance d'un spectre (1969). Il est envoyé régulièrement en mission professionnelle en Extrême-Orient, et plusieurs de ses écrits sont imprégnés par la tradition chinoise : Le Singe égal du ciel (1972) ou La Cendre et la foudre (1982). En 1983, Frédérick Tristan reçoit le prix Goncourt pour Les Égarés, publié aux éditions Balland, et va désormais se consacrer à son œuvre qui défend une forme d'universalité des cultures. Ses entretiens avec Jean-Luc Moreau, Le Retournement du gant, paraissent à La Table Ronde, en 1990. Il crée le groupe « Nouvelle Fiction » en 1992 et publie notamment Le Dernier des hommes (1993), L'Énigme du Vatican (1995) et Stéphanie Phanistée (1997). En 2000, il reçoit le Grand Prix de littérature de la Société des Gens de Lettres pour l'ensemble de son œuvre, rééditée par Fayard depuis 1997. « Les livres de Frédérick Tristan sont d'une puissance inégalée en France, d'une grande générosité d'intrigues, de rebondissements et de thèmes », a pu écrire Bernard Pivot (in magazine Lire). « La période avignonnaise des HSE, a écrit Frédérick Tristan (in HSE n°3/4, 2ème série, 1998), demeure, en ma mémoire, une fête de l’amitié autour de Jean Breton. Le jeune homme que j’étais alors n’avait d’autre hâte que celle de fuir son milieu familial. D’où les voyages incessants, les plans sur la comète et les petites amours en chapelet. Frédérick Tristan, cet hétéronyme, est né de cette fuite qui, sous le nom de Danielle Sarréra, devait se transformer en révolte… Les lettres que j’envoyais à Jean Breton entre 1953 et 1956, montrent de quel théâtre il s’agissait. Les comparses, bien involontaires, étaient les poètes que dans ce courrier j’utilisais comme autant de personnages destinés à des aventures éditoriales imaginaires, mais c’était aussi des hétéronymes que j’avançais comme s’ils eussent été des amis réels, voire des collaborateurs… En juin 1954 sortait un recueil de proses poétiques, dont certaines dataient de 1951, sous le nom de L’Arbre à pain. Ces petits textes, si différents de ton de ceux que j’écrivais sous le nom de Sarréra, me montrèrent dès cette époque combien je n’étais pas fait pour le poème mais bien plutôt pour le discours retors de la fiction. »

Christophe DAUPHIN

(Revue Les Hommes sans Épaules).

À consulter : la fiche auteur de Danielle Sarréra.



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Numéro spécial LES HOMMES SANS EPAULES 1ère série, 1953-1956 n° 3