Marie-Christine BRIERE

Marie-Christine BRIERE



Marie-Christine Brière est née à Albi en 1941. Deuxième naissance en Mai 68: le théâtre, le chant, les luttes féministes, autant de passions et de rencontres vitales, confirmant depuis l'enfance, la poésie primordiale.

Marie-Christine Brière a fait une entrée remarquée dans le milieu poétique en 1978, avec son recueil Montagnes à occuper, qui, exaltant le feu du désir, fut publié dans la prestigieuse collection « Poésie pour vivre ». La poésie de Marie-Christine Brière, a écrit Jean Breton, est un mélange de réalisme autobiographique, baroque, et de surréalisme, par l'image déferlante, dépaysante, à bout portant.

Le poète arc-bouté à la violence de son refus n'est pas guéri de la magie d'antan et de la beauté perdues. Ses sarcasmes de dérision ajoutent au monde palpable. Pour Marie-Christine Brière, monte l'affirmation du seul plaisir; le feu homosexuel ("Vivent de plus en plus les femmes" ou "Quand les femmes s'aiment, les hommes ne récoltent pas"). Ce carpe diem se résume en une formule aux arrière-plans désabusés: "Notre vie - exige le poète - ne sera pas morte pour l'amour". 

Marie-Christine Brière est femme, vouée aux femmes, elle écorche avec humour les bonshommes. Mais les ondes des images première déferlent, saccagent son présent, lui rendent ténacité, hargne, goût de l'autobiographie pétrie d'un inextricable baroque.

Après avoir dit cela, on ne s'étonnera pas de la grande amitié qui lia Marie-Christine Brière au grand poète que fut et demeure Thérèse Plantier (théoricienne du Fémonisme intégral et poète du Survrai). L'une comme l'autre, ne cessent de tirer des salves contre la laideur et contre ce qui nie la différence. Marie-Christine Brière a cosigné le dossier consacré à Thérèse Plantier dans Les HSE 36 (2013).

Bien que déjà très éprouvée par la maladie, Marie-Christine eut encore la force et l'énergie de faire paraître : Jusqu'à ce que l'Enfer gèle, Hommage à Thérèse Plantier, Textes réunis par Marie-Christine Brière (L'Harmattan, 2017).

Marie-Christine Brière est décédée le 21 août 2017, à Ivry-sur-Seine.

Christophe DAUPHIN

(Revue Les Hommes sans Epaules).

Légende photo: Thérèse Plantier et Marie-Christine Brière, à Vaison-la-Romaine, en 1982. Photographie de G. Wittig. Tous droits réservés.


À lire : Liesses (Subervie), Un contre-sépulcre (éd. Chambelland), Montagnes à occuper (éd. Saint-Germain-des-Prés), Ces amours de petites filles (Nouveau Commerce), Le Soupir de l’ouvreuse (éd. Librairie-Galerie Racine), Béatrice est au jardin (éd. La Porte), Battements du Our (La Porte, 2011), Joi d'Amor (La Porte, 2012), Coeur passager (Les Hommes sans Epaules/LGR, 2013).



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules




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Publié(e) dans le catalogue des Hommes sans épaules


 
Coeur passager