Samuel BRÉJAR

Samuel BRÉJAR



Poète, dramturge, éditeur, animateur (dans les Côtes d'Armor, il a fondé avec Noëlle Yábar-Valdez, en 1993, les éditions John Donne & Cie qui ont publié, jusqu'en 2006, deux semestriels de création littéraire dont il fut le directeur : Rimbaud Revue, en français, et Neruda Internacional, en espagnol, précédé par Revista Sur), Samuel Bréjar, pseudonyme de Gilberto Yábar-Valdez, est né à Lima (Pérou), en 1939. Vers 15 ans, suite à la mort soudaine de son père dans un accident de voitures, il est obligé de quitter le Lycée tenu par les Jésuites où il avait fait toutes ses études depuis le primaire pour travailler et aider sa mère qui, elle aussi, a dû travailler. Il suit donc des cours du soir, tout en gagnant sa vie pendant la journée. C'est alors qu'il prend brutalement conscience de la réalité de la vie des plus démunis, ou­vriers, paysans, et plus particulièrement, Indiens autochtones, dont un grand nombre étaient venus s'installer à Lima dans l'espoir de trouver de meilleures conditions de vie ; ce qui, bien sûr, n'était pas le cas. Tout en poursuivant ses études pour obtenir le Bac et ses diplômes de linguistique et de lit­té­rature hispano-américaine, il s'engage politiquement pour essayer de défendre les intérêts des plus démunis. Jusqu'au début des années 1970, cet engagement a entraîné des poursuites sui­vies d'emprisonnement et de tortures, de blessures par balles, ainsi que plusieurs con­dam­nations à l'exil politique, au Chili, en Argentine ou au Brésil, où il a vécu à plusieurs reprises. (Ces risques encourus pour en­ga­ge­ment politique sont toujours d'actualité, il suffit, pour s'en convaincre, de lire l'article paru dans "Le Monde Diplomatique" de septembre 2009). Et c'est à l'occasion de l'une de ces pour­suites qu'il a passé une nuit entière à l'intérieur d'un sar­co­phage, dans un cimetière, afin d'échapper  à l'armée péruvienne. Pendant ce temps, (et une fois ses diplômes obtenus) il a, pendant 9 ans, exercé le professorat avant de se consacrer entrièrement à la littérature. C'est durant cette période que, profitant d'un voyage d'études, avec l'une de ses classes, au bord du Lac Titicaca, qui forme une fron­tière entre le Pérou et la Bolivie, il s'est déguisé en curé pour passer de l'argent au Che Gue­varra qui se cachait dans les Andes boliviennes. En 1971, il quitta définitivement le Pérou pour aller au Mexique où il fit la connaissance, en 1972, de sa future femme, Noëlle Vuillermoz, avec la­quelle il s'installa en France en 1973, où ils vécu­rent, dans les Côtes d'Ar­mor, en Bretagne, jus­qu'en 2006, année de son décès. Ils eurent une fille, Yanelia, en 1973. "La poésie n’a jamais cessé, au fond, de miner les formes, les us et coutumes de la réalité, et cependant, nous sommes prêts à persister et à signer, c’est fatal... Il y a des idéalistes insensés, en marge du gain et du profit, recrus de fatigue et bien à sec, qui continuent à s’acharner pour cette chose mystérieuse et indéfinissable qu’on appelle poésie et qui se débattent contre nos bouffons, nos mythomanes, nos vantards et nos fourbes, nos frimeurs, nos minables et nos mystificateurs ", Samuel Bréjar. À lire: poésie en espagnol: Todas las Mordazas, 1965 ; Hallazgos del raro comportamiento, 1967 ; Legajos del Archi­vis­ta, 1969 ; Los cantos destruídos, 1970 ; Cuentero del Duende, 1971 ; Palabras ardidas, 1972. Poésie en français : Les écrits de l'Andin, 1978 ; Les Exiliades, 1981 ; Argot de la Horde, 1983 (1° éd.) ; Les Ar­chi­ves d'Ariel, 1985 ; Zoo des mots, 1990 ; réunis dans Le livre des mots, 1992 ; Qori Kontur, 2001 ; Argot de la Horde, 2001 (2° éd.). Théâtre: Les Ardeurs de l'Été, 1983 ; Le Masseur de Crocodiles, 1984, traduit en espagnol par Noëlle Yá­bar-Valdez : El Domador de Cocodrilos, en 2009 ; Les Rois ruinés, 1985 ; La Nuit, 1989 ; Le silence, 1991.


Noëlle Yabar-Valdez

 



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier : JORGE CAMACHO chercheur d'or n° 23