Théorie de l'émerveil

Collection Les HSE


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Théorie de l'émerveil

Postface de Christophe Dauphin
Adeline BALDACCHINO

Poésie

ISBN : 9782912093639
Parution : septembre 2019
294 pages - 20,5 x 13 cm
20 €


  • Présentation

Le nom d’Adeline Baldacchino a surgi comme un météore avec une première publication en 1999, à l’âge de dix-sept ans. Vingt ans plus tard, Adeline Baldacchino n’a pas démérité de son engagement poétique, qu’elle porte avec une fougue, un enthousiasme contagieux. Et cet enthousiasme, nous le retrouvons au sein de Théorie de l’émerveil, qui est, à ce jour, son livre le plus ambitieux en poésie.

« Je suis l’Émerveillée », écrivait-elle déjà en mars 2000, dans un poème. Cet ensemble inédit, à l’exception de quelques poèmes qui ont paru en revues ou livres d’artistes, s’étale sur treize années, de 2006 à 2019 ; treize années d’écriture, mais avant tout du Vivre dans les veines du monde.

La poète nous dit dans sa préface : « La théorie de l’émerveil est une leçon d’émerveillement déverrouillé : non pas seulement que l’émerveil rime avec les merveilles, mais aussi, que l’on entende l’invention derrière l’évidence. (..) Qu’il me suffise de dire que je crois moins désormais aux vertus de l’automatisme hermétique, plus à celles de la simplicité partageuse. (…) Tous ces textes, pourtant, depuis les premiers que je relis avec un brin d’incrédulité sans toujours y reconnaître mon reflet, disent la même ferveur – pour la vie, pour les êtres qu’elle charrie sans toujours les bien traiter, pour la poésie qui tente de traduire l’imperceptible, du silence fulgurant de l’amour aux brisures de l’absence définitive. »

Théorie de l’émerveil est un livre de la poésie vécue ! Une poésie vécue qui ne fait pas fi de la dimension onirique : « J’ai des poèmes plein la gorge - des atolls comme des larmes blanches de cire fondue sur le fond plus vaste de la nuit, sondages enfouis du rêve, piaillements d’oiseau foudroyé, jetées de la jouissance possible, tendre le bâton pour se faire aimer. »

Il y a que cette poète croit et a toujours cru au lyrisme, à l’émotion brute qui submerge un corps et un texte en même temps : « jusqu’au cœur d’un combat que je crois indéfectiblement social et politique, affectif et sensuel, autant que mystique et littéraire. »

Christophe DAUPHIN

Une Île dans l’Atlantique

                   Jour 1 – 9 juillet

 

Je vais vers une île

(oublier seulement le temps)

n’être rien de plus

que cette chair

attentive

l’envie

comme une braise.

 

Désir d’éclipse

partir, écrire

(l’éclipse du désir)

comme on documente

l’exil

intérieur

devenir.

 

J’aime l’attente

juste avant

si elle ne dure pas

l’odeur des choses

qui viennent

et s’annoncent

et arrivent.

 

Il y a dans le ventre

cette vague épaisseur

chaude et violente

comme un spasme

l’ordre de l’aube

contre l’ordre

du manque.

 

La joie couve

l’absence

on n’est rien

que soi

une île vers une autre

île

chair contre terre.

 

J’attends le goût du vin

(langue nue)

contre les paupières

j’imagine encore

trop

car il faut ne plus attendre

pour tout accueillir.

 

Et l’enfoncement du désir

dans le jour qui l’efface

- et le corps oublieux

qui s’apprête

à ne plus penser

(se faire

parenthèse).

Adeline BALDACCHINO

(Poème extrait de Théorie de l'émerveil, Les Hommes sans Epaules éditions, 2019).