Cédric BARNAUD

Cédric BARNAUD



Cédric Barnaud est né le 19 avril 1986 à Pertuis (Vaucluse). Descendant d'une lignée paysanne en Provence et de pieds-noirs, il a grandi avec sa mère à Aix-en-Provence. Son grand-père maternel était ami et jouait au foot avec Albert Camus dans les quartiers populaires d'Alger. Les deux hommes prendront par la suite des trajectoires très différentes, l'un deviendra presque centenaire menant une vie simple et heureuse à Alger puis Marseille, l'autre sera fauché tôt dans son élan et nous aura laissé une des œuvres les plus marquantes de la langue française.

Camus est important pour Cédric Barnaud, pas seulement pour l'anecdote familiale, mais pour le sillon qu'il a tracé. Camus est un phare dans les ténèbres, une percée dans l'obscurité. Comme un Rimbaud se faisant voleur de feu, ou un Van Gogh peignant le soleil de face, Camus dans Noces, ou L'été, lui apporte ce souffle salvateur.

À l'Université, Cédric Barnaud étudie l'Économie puis la Géographie, se spécialisant en géopolitique. Il en profite pour séjourner à l'étranger, étudiant une année à Montréal, puis à Paris, il part pour ses recherches en Éthiopie, il voyage au Brésil, au Sri Lanka, en Corée du Sud et se fait clochard céleste.

Le Voyage devient une obsession, un mode de vie. Il traverse l'Europe et la Russie en stop. Seul, mais pas vraiment. La littérature et les philosophes l'ont rattrapé. Rimbaud, Baudelaire, Flaubert, Montaigne, Debord ou Nietzsche sont dans le sac à dos, alors qu'il se perd dans les grands espaces sibériens et mongols.

Cédric Barnaud est alors, à l'instar des poètes Beats, toujours en mouvement : Sur la Route. Les poètes étatsuniens ont une grande influence sur lui :Robinson Jeffers par exemple, l'homme retiré du monde dans la lignée de Thoreau, vivant avec ses rochers et ses faucons, au bord des falaises californiennes, déclamant : « The beauty of things was born before eyes and sufficient to itself; the heart-breaking beauty will remain when there is no heart to break for it. »

Grand voyageur, Cédric Barnaud devient grand sédentaire, vivant en reclus, entouré de ses livres et écrivant des poèmes, des romans, et même une tragédie en alexandrins, avant de se mettre à la traduction.

Cédric Barnaud se nourrit de nombreuses influences, mais s'il ne devait retenir qu'un seul auteur, ce serait Bukowski. Celui qui a peut-être été le plus cohérent dans son anti-conformisme. Pour beaucoup, la révolte d'un individu face à son époque s'apparente à une simple crise d'adolescence qui se doit d'être surmontée, pour d'autres il s'agit d'une trajectoire de vie qui ne cesse de vous coller à la peau.

Dans ses mauvais jours Cédric Barnaud se sent proche de Schopenhauer, Houellebecq et Cioran, et dans ses bons il revient à Camus, Bukowski et Van Gogh.

Traducteur de l'anglais au français Cédric Barnaud travaille notamment sur les oeuvres de Charles Bukowski, Robinson Jeffers ou Philip Lamantia. Des poèmes inédits (en français) de Lamantia, extraits de son premier livre, Erotic Poems (Bern Porter, 1946), ont été traduits de l’anglais (États-Unis) par Cédric Barnaud et publiés dans Les Hommes sans Epaules n°49 (2020).

Claude ARGÈS

(Revue Les Hommes sans Epaules).



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
DOSSIER : La poésie brésilienne, des modernistes à nos jours n° 49