François MONTMANEIX

François MONTMANEIX



Né à Lyon, le 4 juin 1938, François Montmaneix a été, pendant de nombreuses années l’un des acteurs importants de la vie culturelle lyonnaise, en dirigeant l’Auditorium Maurice Ravel, à l’intérieur duquel il créa l’Artrium, galerie d’expositions et Le Rectangle, Centre d’Art, place Bellecour. Membre fondateur du Prix Roger Kowalski, Prix de Poésie de la ville de Lyon, créé en 1984, François Montmaneix est Président de l’Académie Mallarmé.

Au fil de ses recueils, comme l'a écrit Jean-Yves Debreuille (cf. François Montmaneix, un élégiaque actif, in Les Hommes sans Epaules n°31, 2011), François Montmaneix a cultivé des accords mélodieux chargé d’exprimer un être au monde plus rêvé que possédé, plus précieux d’être au bord de sa perte. Mais il a aussi appris à chanter faux, exprès, parce qu’une poésie de notre temps, autant d’ailleurs qu’une peinture ou une musique, doit en exprimer les dissonances. Un élégiaque rageur n’est pas moins élégiaque, mais il fait sa part à la colère, sans quoi toute plainte n’est que résignation. Écrire n’est pas pour le poète une activité confortable : c’est, comme il l’exprime dans un texte inédit, provoquer une large fissure aggravant / la distance entre lui et lui-même.

Il est d'autre part frappant d'entendre, comme l'écrit Yves Bonnefoy (in sa préface à Laisser verdure), un "tu" constamment s'établir dans le rapport de François Montmaneix avec chaque vie, chaque chose, comme la dimension la plus naturelle de son approche de ce qui est. Ce "tu" universel, c'est bien l'indice que sa parole rencontre, et de façon même intime, ce que le parler conceptuel ne fait qu'approcher de biais, lui substituant à jamais des représentations fragmentaires. Frappant, ce tutoiement, poursuit Yves Bonnefoy, et c'est parce qu'il est constant dans Laisser verdure, mais aussi parce qu'il y est vécu sans affectation, comme inconscient de soi : ce qui signifie que l'intimité de qui parle ainsi avec le monde qui l'environne est fort grande, alors pourtant que saon regard ne s'en tient pas au pommier ou à la hulotte du champ voisin mais se porte avec aisance et souvent vers les horizons les plus éloignés.

Livre après livre, sans redite ni gratuité ou complaisance, l'oeuvre de François Montmaneix, intimiste mais ô combien universelle, car elle ne se replie jamais elle-même, mais ouverture sur l'autre comme sur les éléments, que sa flamme éclaire du dedans; est assurément l'une des plus importantes de notre temps; l'une des plus chères aux yeux des HSE. Lorsque le vent éteint les lampes, le poème montmaneixien éclaire nos visages pour qu'ils entrent plus blancs de feu dans la nuit de l'être.

Œuvres : Saisons profondes, La rumeur libre, 2015; Oeuvres poétiques, deux volumes, la rumeur libre, 2015; Laisser verdure, préface d'Yves Bonnefoy, Le Castor Astral, 2012; Huit heures dans un endroit où je suis né, Lithographies de Jacques Truphémus, Éditions Stéphane Bachès, 2009 ; L’Abîme horizontal, Éditions La Différence, 2008, Prix Alain Bosquet 2008 ; Jours de nuit, le cherche midi éditeur, 2005 ; Les Rôles invisibles, le cherche midi éditeur, 2002, prix Guillaume Apollinaire 2003 ; Vivants, le cherche midi éditeur, 1997, Prix AU.TR.ES 1997 (Auteurs, Traducteurs, Essayistes), Prix Rhône-Alpes de Littérature ; Lyon, de place en place, Photographies d’Agathe Bay, Éditions Les Sillons du temps, 1995 ; Visage de l’eau, Éditions Pierre Belfond, 1985, Prix RTL/Poésie1 1987 ; L’Autre versant du feu, Éditions Pierre Belfond, 1990, Prix Louise Labé 1991 ; Le Livre des ruines, Éditions Pierre Belfond, 1980; Landstriche, Lithographies de Hans-Martin Erhardt, Manus-Presse, Stuttgart, 1977; Le Dé, Guy Chambelland éditeur, 1974; L’Ocre de l’air, Guy Chambelland éditeur, 1970 ; L’Arbre intérieur, Guy Chambelland éditeur, 1967.

Christophe Dauphin

(Revue Les Hommes sans Epaules).

 

 

 



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules




Dossier : Léo MALET & Yves MARTIN, la rue, Paris, la poésie et le Merveilleux, n° 20

Numéro Spécial GUY CHAMBELLAND POETE DE L'EMOTION n° 21

Dossier : HORIZONS POÉTIQUES DE LA MORT n° 31



 
Dossier: ROGER KOWALSKI, A L'OISEAU, A LA MISERICORDE n° 38

Dossier : Lionel RAY ou le poème pour condition n° 43