Guy ALLIX

Guy ALLIX



Né à Douai, en 1953, dans le Nord de la France, où il connut de durs moments, Guy Allix vit aujourd’hui en Normandie, sa région d’origine. Licencié en Lettres Modernes, Guy Allix a consacré une maîtrise et un DEA au poète Jean Follain. Professeur de lettres à l’IUFM de Caen, Guy Allix a mené de nombreuses expériences pédagogiques autour de la poésie.

Animateur, il a fondé et dirigé la revue La vie totale. Critique littéraire à Normandie Magazine, président-fondateur de l’association « Lire à Saint-Lô » en 1988, il fut le co-organisateur du colloque « Poésie moderne : paradoxe et conflits », à l’Université de Caen en 1985. A Saint-Lô, il a animé la revue de poésie « Lavalley du poème »; à Carentan, le club « Bouquins », qui organisa des rencontres avec des auteurs contemporains.

Guy Allix anime sur internet le blog guyallixpoesie.canalblog.com et participe au récital « Glenn-mor » (lecture de poèmes sur fond de musique celtique), avec le pianiste et compositeur Olivier Mélisse.

Humble, solidaire, révolté, fraternel, Guy Allix ne fait qu’un avec son œuvre, qui relève de la Poésie vécue et de l’émotion. Un talent qui ne s’est jamais démenti et ne cesse de s’affirmer au fil des ans. Tout au long de ce parcours, de cette œuvre-vie, car l’une colle étroitement à l’autre et les deux ne sauraient être dissociées ; Guy Allix est toujours demeuré fidèle à ses origines, à ses valeurs, à ses idées. La lecture de ses poèmes en témoigne plus qu’aucun discours ne saurait le faire.

Guy Allix s’inscrit dans le cercle infime de ceux que le réel obsède par sa proximité immédiate et en même temps par sa résistance à se laisser dire dans « l’insensée dérobade des mots ». Loin de la vanité, des complaisances et des bons sentiments, comme l’écrit Marie-Josée Christien (in Spered Gouez n° 16), sa voix se confond humblement avec « ce souffle/ qui se courbe vers la glaise » pour retrouver « un chemin souverain ». Guy Allix cherche surtout à « écrire / où (il) ne sai(t) pas ». Il ne tente pas de domestiquer le réel, mais de « modeler la glaise et le feu », d’« écrire /lorsque ce n’est plus possible ». Par le poème, alliance de la sensibilité et de l’esprit, il le transforme avec la force du doute qui rayonne intense comme un noyau premier. Tourmenté et lumineux, « à mots perdus dans l’épreuve de vivre », il opte pour la vie, telle qu’elle est donnée et reprise, mais vécue au plus près, dans la tension d’un perpétuel et amer enchantement. C’est une poésie qui transcende, dense et intense, élève à l’infini l’expérience humaine. De ce creuset où il pétrit, travaille, façonne, sculpte et taille, Guy Allix retire une matière secrète, celle des paroles d’avant l’aube.

Christophe DAUPHIN

(Revue Les Hommes sans Epaules).

Œuvres : La Tête des songes (l’Athanor, 1975), L’Eveil des forges (l’Athanor, 1976), La Grande forge (Atelier La Feugraie, 1977), Mouvance mes mots (Rougerie, 1984), Fragments de fuites (Rougerie, 1987), Quand rêve l’heure (Motus, 1991), Lèvres de peu (Rougerie, 1993), Le Déraciné (Rougerie, 1999), Solitudes (Rougerie, 1999), Le Poème est mon seul courage (Le Nouvel Athanor, 2004), Oser l’amour (Atelier du Groutel, 2007) Maman j’ai oublié le titre de notre histoire, nouvelles autobiographiques, (Librairie-Galerie Racine 2008), Guy Allix, choix de textes et présentation par Jean-Luc Maxence, (Le Nouvel Athanor 2008), Le Nord (Atelier de Groutel, 2010), Correspondances, avec Marie-Josée Christien, (éditions Sauvages, collection Dialogues, 2011), Survivre et mourir (Rougerie, 2011), Le petit peintre et la vague, livre jeunesse, (Beluga, 2014), Poèmes pour Robinson, illustré par Alberto Cuadros, (Soc et Foc, 2015).

 



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules




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