Lucie DELARUE-MARDRUS

Lucie DELARUE-MARDRUS



Lucie Delarue-Mardrus est née le 3 novembre 1874, à Honfleur (Calvados), ville de pêcheurs habillée d’ardoises. Elle est décédée le 26 avril 1945, à Château-Gontier, en Mayenne. Son œuvre comprend près de quatre-vingt volumes qui, publiés entre 1901 et 1946, rencontrèrent presque tous, du moins les romans, un franc succès qui devait s’interrompre avec la mort de l’auteur en 1945. Par la suite, on entendit beaucoup moins parler de Lucie Delarue-Mardrus et de ses œuvres, à l’exception de quelques rééditions.

Rappelons qu’il aura fallu attendre le tout début du XXe siècle pour assister à l’essor créateur des femmes en littérature comme en poésie. Nombre de ces poètes, de ces romancières de la Belle Époque et des Années folles, sont aujourd’hui, Colette à part, méjugées et le plus souvent oubliées. Elles occupent pourtant une place dans l’histoire de la littérature. Elles illustrent parfaitement la condition féminine à une période où le rôle de la femme est en pleine mutation. Ces poètes, dont Lucie Delarue-Mardrus (l’une des figures phares du Romantisme féminin avec Anna de Noailles, Renée Vivien, et Gérard d’Houville), ont ouvert la route à plusieurs générations de femmes.

L’intérêt que l’on porte aujourd’hui à Lucie Delarue-Mardrus, qui fut l’une des figures phares du Romantisme féminin avec Anna de Noailles, Renée Vivien, et Gérard d’Houville, découle essentiellement de deux aspects qui ne sont pourtant que des composantes de sa personne et de son œuvre, parmi d’autres. Alors que les uns retiennent avant tout l’aspect régionaliste de sa création, évoquant et ne republiant que le chantre de la Normandie et de Honfleur ; les autres cantonnent le personnage au Paris-Lesbos de la Belle Epoque, entre Natalie Barney et Renée Vivien, auxquelles elle fut intimement liée. Ces deux visions de Lucie Delarue-Mardrus, pour n’être pas fausses, n’en sont pas moins réductrices. Le personnage et l’œuvre sont bien plus complexes. Lucie Delarue-Mardrus est certes un témoin important de son temps (la Belle Epoque, puis les Années Folles), mais également un auteur prolixe qui s’est exprimé dans diverses formes de création.

L’œuvre est abondante et irrégulière. Lucie Delarue-Mardrus était la première à en être consciente, en écrivant : Il faut bien que je vive en prose – Puisque je dois gagner mon pain. – Je n’aurai pas toujours dépeint – Ce que j’avais vu de la rose. Il n’empêche que sa création recèle des œuvres tout à fait présentes, proches de nous, par une peinture de mœurs sans tricherie, et par une sincérité éclatante. En prose, citons : Le Roman de six petites filles, Comme tout le monde, La Monnaie de singe, L’Ex-Voto (sa plus belle réussite romanesque), L’Acharnée, Hortensia dégénéré, ou L’Ange et les Pervers.

Comme sa prose, son œuvre poétique nécessite un tri, si l’on veut en appréhender le suc. Une fois débarrassée de l’excès de préciosités, de verbalisme et autres scories qui affectent une part de ses poèmes, le meilleur nous parvient avec sa fougue et son lyrisme à vif. Il a suffit de quatre recueils de poèmes et de six romans pour que la thématique de cette œuvre soit fixée : Le royaume de l’enfance, la terre normande, Honfleur et son estuaire aux couleurs changeantes, l’univers marin, mais aussi l’union de la nature et de l’être, la célébration de la beauté, les mythes orientaux, le désir, le voyage vers les lointains (autant extérieurs qu’intérieurs), la fuite du temps, la mort, l’amour, l’amitié, la condition féminine et la dénonciation des injustices.

Bien loin d’être des chimères, les êtres de Lucie Delarue-Mardrus sont des êtres réels, des êtres de chair, qui rencontrèrent un large lectorat populaire, à défaut de réunir l’approbation unanime de la critique. Sa vie durant, Lucie n’a appréhendé le monde que par le biais de la poésie, sans jamais cesser d’être écartelée entre les contraintes du quotidien et ses désirs, le réel et l’imaginaire, dès l’enfance. Après avoir, dans ses premiers recueils, pris contact avec sa terre natale : Occident, Ferveur ; elle exprimera dans Horizons les premières inquiétudes des pays inconnus. Enfin, la Figure de Proue exprime le rêve réalisé, la révélation de la vraie vie. La poésie de Lucie Delarue-Mardrus, contrairement à sa prose, qu’elle perçoit souvent comme une activité alimentaire, est l’expression pleine et entière de son être, un refuge, mais aussi un gouffre qui aspire toutes les passions, les hantises du poète.

Car, malgré un apparent déséquilibre au sein de cette imposante production, ce n’est pas la prose, mais la poésie qui caractérise le mieux le personnage, sa quête comme sa création. « Je ne suis et ne fus qu’un poète », ne cessera d’affirmer Lucie Delarue-Mardrus.

Les années passants avec leurs lots de déceptions, la disparition d’êtres aimés et de toute une époque que la Première Guerre mondiale devait emporter dans son cataclysme, le poème perdit de sa rhétorique pesante propre à de nombreuses pièces jusqu’en 1920) pour se faire moins mièvre et plus intimiste avec Les Sept douleurs d’octobre (1930) ; plus concis, grave et mélancolique, avec Mort et Printemps (1932), explorant davantage la profondeur des choses que leur surface. Sans se couper du monde, mais puisque « tout le charme est au passé », le poète se réfugia dans la solitude. Sa méditation sur la souffrance et la mort atteindra son apothéose avec « The Skull », le poème de la condition humaine, dialogue avec une tête de mort, un crane que lui avait donné un fossoyeur. Soigneusement entretenu, le crane ne quittait jamais sa table de travail. Le poète vibra alors de tout son être. La douleur et l’émotion sont brutes, à vifs, et s’expriment sans concession.

Lucie Delarue-Mardrus fut assurément la plus humaine et la plus sincère de toutes ses consœurs. « Une rare élégance, un corps blanc et lisse comme une amande, une nuque magnifique, des petits seins harmonieux, et des étroites hanches d’androgyne aux ravissants pieds fardés », se souvient son amie, la romancière Myriam Harry. Renée Vivien ajoute : « Les yeux de Lucie étaient pleins des ténèbres orientales. » Sirieyx de Villers n’est pas moins élogieuse : « Grande, svelte, belle, les traits réguliers, une lumière intense éclaire son visage. Fortolis a dit : « Elle a des traits puérils et des yeux tragiques. C’est bien la caractéristique étrange de cette physionomie qui frappe tout observateur. Cette femme essentiellement douce, bonne sans envie, passe comme une reine à travers son œuvre merveilleuse ; c’est-à-dire indifférente à l’ambiance qui ne la concerne pas, aimant « les pauvres humains », pas les snobs, pas la sainte farce, pas les livresques, mais seulement les humbles. » On ne les compte pas, tant ils sont nombreux, ceux et celles qui succombent sous l’effet du charme de la Princesse Amande, ainsi que l’avait baptisé son mari Joseph-Charles Mardrus, l’éminent traducteur des  Mille et une nuits, de Robert de Montesquiou à Sarah Bernhardt, en passant par Gabriel d’Annunzio, Edmond Rostand ou Natalie Clifford Barney. Pour Rodin, Lucie est « l’Aurige couronné de nattes. » Il rêve de sculpter son corps « aux jambes apolloniennes d’Hermaphrodite. » Pour d’Annunzio, elle incarne la Pisanella, « avec ses yeux qui brûlent dans l’huile ». Pour Henri de Régnier, autre poète honfleurais et figure phare du Symbolisme, elle est « la panthère noire ». Rostand l’appelle « sa Princesse lointaine. » Charles-Théophile Féret, poète normand, la baptise « Duchesse de Normandie ».

Le style a pu vieillir, restent l’émotion et le pouvoir certain du vrai. Poète, Lucie Delarue-Mardrus laisse une douzaine de recueils et de nombreux inédits. Romancière, elle est l’auteur de plus de quarante romans et recueils de nouvelles. Essayiste et biographe, elle donne une quinzaine de volumes. Lucie Delarue-Mardrus est également l’auteur de pièces de théâtre. Chroniqueur, traducteur (Edgar Poe, Shelley, Emily Brontë), critique littéraire et musical, conférencière, peintre, auteur de contes, de récits de voyages et de chansons, elle était bien cette « vaillante à entreprendre », qu’évoqua son amie et néanmoins rivale, Colette : « Elle avait ce bonheur d’aller à tous travaux avec une fougue conquérante. » Lucie, la « vaillante à entreprendre », sera également sculpteur (on lui doit notamment une statue de Thérèse Martin), musicienne (elle joue du piano et du violon) et compositeur, jurée du Prix Femina, dés sa fondation : elle y défendra Proust, Giraudoux, Bernanos ou Saint-Exupéry. Dans son entourage, gravitent les personnalités de l’époque : Octave Mirbeau, Marcel Schwob, Maeterlinck, Paul Valéry, Isadora Duncan, Paul Léautaud, André Gide, Jean Lorrain, etc.

Eprise d’absolu, en butte aux déboires sentimentaux qui lui valurent ses amours saphiques, Lucie fut une éternelle adolescente, toujours prête à vivre ses passions avec ferveur. Son plus célèbre – et certainement meilleur – roman, a été réédité en 2000. Il s’agit de L’Ex-Voto (Fasquelle, 1922. Réédition, La Lieutenance), un portrait charnel et hors-norme de Honfleur. L’auteur y chante, entre autres, la cité-reine de l’estuaire comme personne n’avait réussi à le faire.

L’écrivain d’avant-garde Sarane Alexandrian — qui pourrait paraître éloigné, tout comme moi, de Lucie Delarue-Mardrus, étant donné notre attachement au Surréalisme —, fut pourtant l’un de ceux qui dénoncèrent sa mise au purgatoire : « Depuis sa mort en 1945 à Château-Gontier, on ne parle plus de Lucie Delarue-Mardrus : c’est scandaleux, car elle a autant de valeur que Colette ».

Il fallut attendre 1994 et la parution d’Une femme de lettres des années folles, d’Hélène Plat, chez Grasset, pour que l’on reparle enfin de Lucie Delarue-Mardrus. Cette biographie, la première consacrée à l’auteure, depuis l’émouvant livre de souvenirs donné par Myriam Harry en 1946, brisa le silence et attira de nouveau l’attention sur ce personnage peu commun. suivirent la réédition de quelques-unes de ses œuvres, ainsi que des études, des articles, des travaux universitaires, et la création d’une association des amis de Lucie Delarue-Mardrus, en 2007.


Christophe DAUPHIN

(Revue Les Hommes sans Epaules)

(Texte extrait de Christophe DAUPHIN, Lucie-Delarue Mardrus, la princesse Amande, essais suivi d’un choix de poèmes. Livre numérique, 207 pages. Collection Essais, Recours au poème éditeurs, 2015. www.recoursaupoemeediteurs.com

BIBLIOGRAPHIE DE LUCIE DELARUE-MARDRUS


POÉSIE :
 
Occident (éd. de la Revue Blanche, 1901)
Ferveur (éd. de la Revue Blanche, 1902)
Horizons (Fasquelle, 1905)
La Figure de proue (Fasquelle, 1908)
Par Vents et Marées (Fasquelle, 1910)
Souffles de Tempête (Fasquelle, 1918)
À Maman (Fasquelle, 1920)
Poèmes mignons pour les enfants (Gédalge, 1929. Réédition, éditions de la Lieutenance en 2002)
Les Sept Douleurs d’octobre (Ferenczi, 1930)
Mort et Printemps (Messein, 1932)
Temps présent (Cahiers d’Art et d’Amitié, 1939)
Choix de Poèmes (Lemerre, 1951)
Nos secrètes amours (Les Isles, 1951. Réédition ErosOnyx, en 2008, d’après les manuscrits originaux)
Poèmes inédits, d’après un manuscrit offert à Pascal Bonetti par l’auteur, Cheseaux, Suisse, collection des Cahiers du Soleil, 1978.

THÉÂTRE : 

Sapho désespérée (1904)
Thoborge, reine des mers (1923)
La Quatrième Ève (1932)
La Prêtresse de Tanit (éd. À L’Écart, 1993)

ROMANS, RÉCITS, NOUVELLES : 

Marie, fille-mère (Fasquelle, 1908)
Le Roman de six petites filles (Fasquelle, 1909)
Comme tout le monde (Tallandier, 1910)
L’Acharnée (Fasquelle, 1911)
Tout l amour (Fasquelle, 1911)
La Monnaie de singe (Fasquelle, 1911)
L’Inexpérimentée (Fasquelle, 1912)
Douce Moitié (Fasquelle, 1913)
Un Cancre (Fasquelle, 1914)
Un roman civil en 1914 (Fasquelle, 1916)
Deux Amants (Fasquelle, 1917)
L’Âme aux trois visages (Fasquelle, 1919)
Toutoune et son amour (Albin Michel, 1919)
Le château tremblant (Ferenczi, 1920)
les trois lys(Ferenczi, 1920)
M’sieu Gustave (Les Œuvres libres, Fayard, 1921)
L’Apparition (Ferenczi, 1921)
L’Ex-Voto (Fasquelle, 1922. Réédition, éditions de la Lieutenance, 2000)
À Côté de l’amour (Fasquelle, 1922)
Le Pain blanc (Ferenczi, 1923)
La Cigale (Fayard, 1924)
La Mère et le Fils (Ferenczi, 1925)
Graine au vent (Ferenczi, 1926)
La Petite Fille comme ça (Ferenczi, 1927)
Rédalga (Ferenczi, 1928)
Amanit (Fasquelle, 1929)
Le Beau Baiser (Ferenczi, 1929)
Hortensia dégénéré (Ferenczi, 1929)
Anatole (Ferenczi, 1930)
L’Ange et les Pervers (Ferenczi, 1930)
L’Amour à la mer (Lemerre, 1931)
L’Autre Enfant (Ferenczi, 1931)
La Pirane (Les Œuvres libres, Fayard, 1931)
L’Enfant au coq (Ferenczi, 1934)
Passions américaines et autres nouvelles (Ferenczi, 1934)
Une femme mûre et l’amour (Ferenczi, 1935)
Chêneviel (Ferenczi, 1936)
François et la liberté (Ferenczi, 1936)
Roberte N°10530 (Ferenczi, 1937)
L’amour attend (Ferenczi, 1937)
L’Hermine passant (Ferenczi, 1938)
L’Homme du rêve (Sté d’Éditions et de Publications, 1939)
Fleurette (Gallimard, 1939)
La Girl (Ferenczi, 1939)
Le Cœur sur l’ardoise (Maugard, 1941)
Peaux d’lapins (éditions de la Frégate, 1944)
La Perle magique (La Baudinière, 1945)
Verteil et ses amours (Self, 1945)
Le Roi des reflets (Ferenczi, 1945)
Ma Bonde, Lettres à Natalie Barney 1902-1943, (L’Amazone Retrouvée, 2009)

ESSAIS, BIOGRAPHIES : 

Aurel et le procès des mondaines (Povolavsky, 1921)
Embellissez-vous (éditions de France, 1926)
Sainte Thérèse de Lisieux (Fasquelle, 1926)
Les Amours d’Oscar Wilde (Flammarion, 1929)
Le Cheval (Nouvelle Société d’Edition, 1930)
Le Bâtard : Guillaume le Conquérant (Fasquelle, 1931)
Le Far West d’aujourd’hui (Fasquelle, 1932)
L’Amérique chez elle (éd. Albert, 1933)
Ève Lavallière (Albin Michel, 1935)
Rouen (Henri Defontaine, 1935)
Up to date (éditions Roger Allou, 1936)
La Petite Sœur de Lisieux (Fasquelle, 1937)
Mes mémoires (Gallimard, 1938)
El Arab (Lugdunum, 1945)
Lumières de Honfleur (éditions Vialetay, 1962)


À CONSULTER : 

Charles Maurras : Le Romantisme féminin in L’avenir de l'Intelligence (Collection Minerva, Fontemoing, 1905)
Natalie Clifford Barney : Aventures de l’Esprit (éditions Émile-Paul Frères, 1920)
Sirieyx de Villers : Lucie Delarue-Mardrus (Sansot, 1923)
Émile-François Julia : Les Mille et Une Nuits et L’Enchanteur Mardrus (Société Française d’Éditions Littéraires et Techniques, 1935)
Paul Leroy : Colette, Lucie Delarue Mardrus (Maugard, 1936)
Lucie Delarue-Mardrus et la terre normande, numéro spécial de la revue Corymbe n°42, mai/juin 1938
Paul Leroy : Muses de France (Maugard, 1943)
Myriam Harry : Mon amie Lucie Delarue-Mardrus (éd. Ariane, 1946)
Paul Lorenz : Sapho 1900 Renée Vivien (Julliard, 1977)
Jean Chalon : Chère Natalie Barney (Flammarion, 1992)
Hélène Plat : Lucie Delarue-Mardrus, Une femme de lettres des années folles (Grasset, 1994)
Claude Francis / Fernande Gontier : Colette (Perrin, 1997)
André Albert-Sorel : Lucie Delarue-Mardrus, Sirène de l’Estuaire (La Lieutenance, 1999)
Mélanie E. Collado : Colette, Lucie Delarue-Mardrus, Marcelle Tinayre, Émancipation et résignation, (L’Harmattan, 2003)
Dominique Paulvé — Marion Chesnais : Les Mille et Une Nuits et les enchantements du docteur Mardrus (Musée du Montparnasse — éditions Norma, 2004).
Cécile Chombard Gaudin : Une orientale à Paris, Voyages littéraires de Myriam Harry (Maisonneuve et Larose, 2005)
Patricia Izquierdo : Devenir poétesse à la Belle Époque (L'Harmattan, 2009) 
Lucie Delarue-Mardrus (numéro spécial de la revue Inverses n°8, 2008)
Lucie Delarue-Mardrus. De Honfleur à Château-Gontier.
L'itinéraire de la « Princesse Amande ». (Numéro spécial de la revue L’Oribus n°74, 2009)
Christophe DAUPHIN : Lucie-Delarue Mardrus, la princesse Amande, essais suivi d’un choix de poèmes. Livre numérique, 207 pages, 8 €. Collection Essais, Recours au poème éditeurs, 2015. www.recoursaupoemeediteurs.com

Association des Amis de Lucie Delarue-Mardrus :

Courriel : assoldm@yahoo.fr.

Site internet : http://www.amisldm.org/



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier : Jacques LACARRIERE & les poètes grecs contemporains n° 40

Publié(e) dans le catalogue des Hommes sans épaules


 
Lucie Delarue-Mardrus, la princesse Amande