Saadi YOUSSEF

Saadi YOUSSEF



Né en 1934, à Bassora, en Irak, Saadi Youssef a enseigné la littérature arabe dans les lycées d’Irak, puis en Algérie. Il vit en exil depuis la fin des années 1970. Il habite à Londres, « son dernier stop », dit-il, en faisant référence à tous les autres endroits dans le monde où il a vécu, depuis que ses idées politiques l’ont obligé à fuir son pays natal. Saadi Youssef est un résistant. « Je crois en une justice dans le monde. C’est ce que je veux transmettre dans mon écriture. Ce sont mes valeurs. La condition humaine m’intéresse, c’est important. Toujours, c’est mon apport personnel que j’y mets. Ce sont mes réflexions et j’évite les généralités. Je ne confonds pas par contre le rôle du poète avec celui du philosophe. » Depuis son adolescence, Saadi Youssef s’est tourné vers la poésie. Il a publié plus d’une quarantaine de recueils. Il a écrit de nombreux articles, des livres de prose, des pièces de théâtre et a traduit en arabe plusieurs romanciers du monde entier. Par contre, jusqu’à aujourd’hui, un seul de ses recueils, Loin du premier ciel, a été traduit en français. « Le créateur, le poète, le romancier et tous ceux qui s’impliquent dans le domaine de l’art ont une responsabilité civile égale à celle de tous les hommes et toutes les femmes de la terre, commente-t-il. On ne peut pas séparer art et vie. Moi, je me dois de parler de politique... Mon pays est une colonie américaine. J’ai quitté l’Irak en 1978, avant la guerre. Je suis parti pour sauver ma vie et mes convictions... L’endroit où on est né reste aussi important que le sang qui coule dans nos veines. On ne peut en changer complètement. » Le poète n’a jamais cessé de protester. On a tenté très souvent de le bâillonner et on ne publie pas les articles qu’il propose aux journaux et aux magazines irakiens. « Comme poète, mon approche est un peu différente. Ce n’est pas de la politique pure et dure. Ça se passe sous les eaux, pas sur la surface. » La poésie est son passeport pour le monde. "La poésie pour moi, ce n’est pas pastoral." Saadi Youssef est considéré comme l’un des plus grands poètes arabes de sa génération. Il a publié une trentaine de livres de poésie et sept, de prose. Il a traduit en arabe Walt Whitman, Federico Garcia Lorca, George Orwell, Wole Soyinka, Yannis Ritsos et Constantin Cavafis. À lire : Loin du premier ciel, traduit par Farouk Mardam-Bey, Habib Tengour, Abdellatif Laâbi et Jabbar Yassin Hussin, (Actes Sud, 1999).

Karel HADEK

(Revue Les Hommes sans Épaules).



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier : LES POETES DANS LA GUERRE n° 15