Amer carnaval

Collection Les HSE


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Amer carnaval

Edition bilingue français/grec présentée et établie par Photini Papariga. Préface de Christophe Dauphin
Nanos VALAORITIS
Photini PAPARIGA

Poésie

ISBN : 9782912093509
134 pages - 13 x 20,5 cm
12 €

  • Présentation
  • Presse

Nanos Valaoritis est un poète grec ; l’un des plus grands que compte ce pays qui, depuis l’Antiquité n’est pas avare de talents. Être un poète grec revient à ne pas être seulement un témoin du vécu, mais à l’incarner au plus près de ce pays dont le ciel ne diminue jamais un seul instant la flamme de nos yeux, car, affirmant la primauté de la Vie, le poète grec se confond aussi avec la réalité d’une génération entière, la sienne, voire de plusieurs, qui se sont ou ont été sacrifiées et ont connu, pour ne pas remonter jusqu’à l’occupation ottomane, la résistance, les guerres civiles, les dictatures, et aujourd’hui une crise politique, économique et sociale inique et sans précédent, ce pain noir quotidien du siècle, pour les grecs.

Nanos Valaoritis, comme l’a tôt remarqué son ami Jacques Lacarrière, a parcouru maints chemins de la création, restitués dans une œuvre forte et foisonnante, déconcertante quelquefois, provocante très souvent, mais qui depuis qu’elle se manifeste constitue l’une des voix et l’une des voies les plus originales de la Grèce d’aujourd’hui.

Amer carnaval, ne déroge pas à la règle. Nous y retrouvons ce miel acide, cette flamme fuligineuse, cette source sulfureuse, qui a donné tout son éclat à cette œuvre poétique singulière. Des poèmes insolites et souvent insolents, suscités par un élan lyrique exacerbé mais toujours maîtrisé : une alchimie où l’étincelle des mots et le feu des donnent naissance à des éclats où affleure à tout moment la révolte, mais aussi l’envers burlesque ou merveilleux du monde quotidien.

Christophe DAUPHIN

*

Les hommes du sous-sol de la crise

 

Les traces des crises d’épilepsie

laissent leurs queues de cheval s’agiter

plusieurs betteraves au marché dès aujourd’hui

à demain commencent à s’accumuler

 

les nuages de l’illusion arrêtés

au-dessus de nos villes désertes

ainsi que notre histoire néo-classique

flambe dans le feu et

 

plusieurs de ceux qui commentaient

l’article NOUS VOILÀ ARRIVÉS au LIFO

sont des brontosaures brillants

dissimulés derrière l’anonymat

 

se réjouissant de leur impunité car

personne ne les trahira quand

ils nous tournent le dos après avoir

par le fer et par le feu saigné notre Parodie

 

ceux à la cervelle vide 

ne disposant ni génie ni le moindre

humour pour voir globalement notre situation

avec ses contradictions – le bien et le

 

mal – se détruisent mutuellement, hélas

avec ceux qui se cachent dans chaque aqueduc

– visages blêmes du ressentiment

de la mauvaise foi haineuse

 

sortent comme les limaces

et les vers de terre au cœur acide

avec des plaintes à la main

noyés par le grand brouillard

de la Lecture frauduleuse

                                                Athènes, 4 mars 2012


Nanos VALAORITIS

(Poème traduit du grec par Photini Papariga et extrait d'Amer carnaval, Les Hommes sans Epaules éditions, 2017).

*

ΟΙ ΑΝΘΡΩΠΟΙ ΤΟΥ ΥΠΟΓΕΙΟΥ ΤΗΣ ΚΡΙΣΗΣ

 

Τα χνάρια των επιληπτικών κρίσεων

αφήνουν τις αλογοουρές τους ν’ αφηνιάσουν

περισσότερες βρούβες στην αγορά σήμερα

από αύριο αρχίζουν να συμμαζεύονται

 

τα σύννεφα της αυταπάτης που κάθονται

επάνω απ’ τις εγκαταλελειμμένες μας

πόλεις όπως γίνεται παρανάλωμα

του πυρός η νεοκλασική μας ιστορία και

 

πολλοί από αυτούς που έκαναν σχόλια

για τοάρθρο ΦΤΑΣΑΜΕ στο LIFO

είναι δεινοί δεινόσαυροι που

κρύβονται κάτω απ’ την ανωνυμία

 

χαίρονται την ασυδοσία τους αφού

κανείς δεν θα τους καρφώσει από πίσω

όταν μας γυρίζουν την πλάτη φεύγοντας

αφού δια πυρός και σιδήρου αφαίμαξαν την Παρωδία μας

 

οι ανεγκέφαλοι που όχι μόνο δεν διαθέτουν

διάνοια αλλά και το ελάχιστο χιούμορ

να δούνε συνολικά την περίπτωσή μας

με τις αντιφάσεις της – τα καλά και τα

 

άσχημα – αλληλοαναιρούνται δυστυχώς

με αυτούς που εμφωλεύουν σε κάθε

υδραγωγείο – κακόπιστοι μνησίκακοι

τα χλωμά πρόσωπα του υπογείου

 

βγαίνουν σαν τα σαλιγκάρια και τα

σκουλήκια με μια όξινη καρδιά

από παράπονα στο χέρι

ποτισμένα απ’ τη μεγάλη

ομίχλη της λαθραίας Ανάγνωσης

                                                Αθήνα, 4 Μαρτίου 2012


Nanos VALAORITIS

(Poème extrait d'Amer carnaval, Les Hommes sans Epaules éditions, 2017).



                                           


Lectures critiques

La poésie grecque, enracinée dans l’Antiquité, a toujours su faire éclater les règles, se dépasser elle-même pour explorer ailleurs et autrement. Nanos Valaoritis, né en 1921, est l’un des grands poètes grecs actuels, dans un pays où la poésie a conservé les fonctions philosophique et politique.

 « J ’ai été blessé par le Nouveau monde et l’ancien », confie Nanos Valaoritis, l ’un des plus grands poètes grecs. Il est né en 1921, en Suisse. Il a subi les dictatures. Et, aujourd’hui, la crise qui n’en finit pas. Cet homme manie un verbe franc, au « miel acide » comme le dit Christophe Dauphin, l’éditeur de son recueil Amer carnaval (Les Hommes sans épaules, 136 pages, 12€). Il dit son amour à la femme tout autant qu’il déclare sa flamme à sa patrie. Celle des hommes qui veulent profiter de la vie le plus charnellement et le plus longtemps possible.

Philippe SIMON (in Ouest France, 22 avril 2017).

 

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La poésie grecque, enracinée dans l’Antiquité, a toujours su faire éclater les règles, se dépasser elle-même pour explorer ailleurs et autrement. Nanos Valaoritis, né en 1921, est l’un des grands poètes grecs actuels, dans un pays où la poésie a conservé les fonctions philosophique et politique.

Amer carnaval est un superbe recueil que nous présente Christophe Dauphin : « Nous y retrouvons ce miel acide, cette flamme fuligineuse, cette source sulfureuse, qui a donné tout son éclat à cette œuvre poétique singulière. Des poèmes insolites et souvent insolents, suscités par un élan lyrique exacerbé mais toujours maîtrisé : une alchimie où l’étincelle des mots et le feu des images donnent naissance à des éclats où affleure à tout moment la révolte, mais aussi l’envers burlesque ou merveilleux du monde quotidien. »

Rémy BOYER (in incoherism.wordpress.com, 8 mai 2017).