Paul VINCENSINI

Paul VINCENSINI



Poète proche et ami des HSE, Paul Vincensini, né le 19 avril 1930, à Bessans (Savoie), d’un père corse et d’une mère savoyarde. Il a été professeur de français et d'italien, éditeur (création de la revue franco-italienne Capitoli, en 1957, puis, des éditions Poèmes-Missives, qui deviennent en 1960 les éditions du Club du Poème : plus de quarante titres publiés, jusqu’en 1973), organisateur de nombreuses manifestations autour de la poésie, dont : Poésie-École en Ardèche (1970), le Festival Poésie-Théâtre de Rochessauve (1972), les Premières Rencontres Poétiques du Festival d’Avignon (1974), la Quinzaine de la Poésie et de la Chanson (1975), les Rencontres poétiques du Havre (1975), ou les Premières Rencontres Poétiques de Chomérac (1979).

Ses deux premiers livres importants de poèmes paraissent aux éditions Guy Chambelland. L'essentiel de son œuvre, avec des inédits, a été réunie dans Archiviste du vent (1986). Paul Vincensini écrit court le plus souvent, à la manière des poètes de langue corse. Chez lui, tout se passe entre l’hilarité et le sanglot, « au ras des pâquerettes », le nez dans le mot à mot illusoire du sens concret, non sans diableries ou galéjades. Vincensini est un des rares poètes qui, lorsqu'il écrit pour les enfants, ne joue pas sur le clavier de la médiocrité. À tout âge, on le lira avec une égale plénitude. Sa naïveté est l’arme d’une contestation radicale, que le rire fait semblant d’éloigner un moment. On peut le classer parmi nos plus vrais poètes comiques, à côté de Queneau, Tardieu ou Vian.

À ces propos de Jean Breton, sur son ami, ajoutons que Vincensini, découvrit pleinement la poésie, en 1950, à travers les poèmes d’Alain Borne, alors qu’il était maître d’internat, à Montélimar. Ce fut le début d’une intense amitié et d'une collaboration entre les deux hommes qui dura jusqu’à la disparition accidentelle d’Alain Borne en 1962. Dès lors, Vincensini ne cessa de multiplier les actions pour faire paraître les inédits de son ami disparu, tout en lui consacrant un essai : Alain Borne (Collection Poètes d’aujourd’hui, éd. Seghers, 1974) et deux numéros spéciaux, au sein des revues Le Pont de l’Épée (n°29, 1965) et Poésie 1 (n°25, 2012), dirigés par ses amis Guy Chambelland et Jean Breton. C’est en 1984, en Corse, où il est invité aux Journées de poésie de Porto-Vecchio, que Paul Vincensini fait sa dernière sortie, avant que la maldie ne prenne définitivement le pas. Paul Vincensini meurt le 10 novembre 1985, à Rochessauve (Ardèche), où il s’était installé avec sa femme Agnès, en 1969. Le lycée d’Enseignement Adapté de Vedène (Vaucluse), porte son nom.

Christophe DAUPHIN

(Revue Les Hommes sans Epaules).

À lire : Des paniers pour les sourds (Seghers, 1953).  La jambe-qui-chante (Temps mêlés, Verviers, 1965).  D'herbe noire (Chambelland, 1965).  Le point mort (Chambelland, 1969).  Peut-être (Club du poème, 1971, réédité en 1975). Alphabêtes et Numérales (Atelier de l'Agneau, 1973). Qu'est-ce qu'il n'y a ? (éd. Saint-Germain-des-Prés, 1975). Pour un Musée des Amusettes (L'École des Loisirs, 1976).  Quand même (éd. Saint-Germain-des-Prés, 1976). De bleu et d'ombre (Roche Sauve, 1977). Toujours et Jamais (Culture et pédagogie, 1982). Archiviste du vent (le cherche midi, 1986. Réédition en 2013). Je dors parfois dans les arbres (éditions Motus 2007). Œuvres complètes, 2 volumes (Éditions L'arbre à paroles, 2004).

Site internet : www.paulvincensini.com.



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules




Henri RODE, Paul VINCENSINI, Serge WELLENS n° 2

Numéro Spécial GUY CHAMBELLAND POETE DE L'EMOTION n° 21

DOSSIER : LA POÉSIE CORSE CONTEMPORAINE n° 63