Adeline BALDACCHINO

Adeline BALDACCHINO



,Adeline Baldacchino, née en 1982 à Rillieux-la-Pape, se passionne très jeune pour la poésie contemporaine qu’elle découvre à travers le surréalisme et l’Ecole de Rochefort. Tout en étudiant la philosophie et l’ethnologie, elle commence à publier des textes, critiques et recueils de poèmes et proses dans les années 2000, notamment aux éditions Clapas, dans l’Aveyron, et en revues (Ouste !, Comme ça et autrement, Le Cri d’os, 22 Montée des Poètes, Faites entrer l’infini...) Elle anime alors une émission de poésie pour Divergence FM à Montpellier (Peaux de poèmes) et pratique la lecture publique de textes.

Poursuivant parallèlement un cursus en sciences politiques, elle devient magistrate à la Cour des comptes, tout en menant des missions pour l’Organisation internationale de la Francophonie, puis pour l’Agence spatiale européenne.

Elle publie en 2013 une biographie poétique de Max-Pol Fouchet et s’intéresse en 2014 à la transmission arabo-persane de Diogène le cynique. Elle en appelle à une réforme radicale de l’ENA dans un texte inspiré d’Orwell, qui plaide pour un retour en force de la culture humaniste dans la formation des hauts fonctionnaires.

Elle assure le séminaire de poésie contemporaine à l’Université populaire de Caen. Elle anime à compter de l’automne 2015 un cycle de rencontre mensuel de poésie vivante au Théâtre des Déchargeurs en partenariat avec le Printemps des poètes.

Pour Adeline Baldacchino (in Poésie, anarchie et désir),  « l’expérience poétique n’est rien d’autre que cette évidence qui nous saute à la gorge devant le texte qui vient traduire la densité de notre expérience intérieure, la rendre un instant partageable. Brisure de feu de la solitude, comme une voix d’Ami qui traverserait le silence dans les nuits trop longues de l’insomnie, quand on ne l’attendait plus — parce qu’on ne l’attendait plus, peut-être… Le poète accueille la part du doute, de l’irrationnel, du signe. Non pas pour parcourir les arcanes du rêve en clamant des choses mystiques, non pas pour laisser tous les fantasmes envahir et nier la raison, mais pour laisser passer un peu d’air entre le monde et le corps. Un souffle qui n’exige rien. Le poème n’est pas en compétition avec la raison, il dit juste, je suis ailleurs. Que tu m’attrapes ou pas, je glisserai toujours entre tes doigts… Poésie et désir affrontent ensemble les mêmes spectres : pas l’origine (laissons-là aux astrophysiciens), plutôt la fin. La mort et le temps les hantent. Parce que l’absence forge dans le désir des trous noirs – le désir n’est pas que manque, il est puissance, il est excès, tension, devenir évidemment ; mais il est aussi manque possible, cela, cette attente éperdue qui nous fait vouloir même ce qui ne nous veut pas. Le poème célèbre, le poète s’exalte. Et puis, brusquement, surgit toujours au cœur du plus clair poème un éclair de nuit qui lui rappelle la précarité des heures, l’impossibilité de durer. »

Karel HADEK

(Revue Les Hommes sans Epaules).


A lire :

Poésie et proses poétiques : L’Oiseau de Boukhara, Les Venterniers, 2015 ; 33 poèmes composés dans le noir (pour jouer avec la lumière), éd. Rhubarbe, 2015 ; Petites peaux de poèmes, 22 (Montée) des Poètes, 2006 ; Le poème du ©RIEN, 22 (Montée) des Poètes, 2004 ; L’outre-nuit, éd. Clapas 2002 ; Voyages de la sève, éd. Clapas 2001 ; Traduit de l’éclair, éd. Clapas 2001 ; Parois d’un Miroir, éd. Clapas 2000 ; Plein masque, éd. Clapas 2000 ; Il faut aimer avant de vivre, éd. Clapas 2000 ; Ce premier monde…, éd. Clapas 1999 ; Que le mot d’escriture…, éd. Clapas 1999 ; Les ombres du Graal, éd Clapas 1999.

Essais : Michel Onfray ou l’intuition du monde, Le Passeur, 2016 ; Blaise Cendrars, livre numérique, éd Nouvelles lectures, 2015 ; La ferme des énarques, Michalon, 2015 ; Fragments inédits de Diogène le Cynique, présentation et traduction, Autrement, 2014 ; Max-Pol Fouchet, Le feu la flamme, Une rencontre, Michalon, 2013.

Le blog de l’auteur (que nos lèvres sont les plages) : http://abalda.tumblr.com



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules


 
Dossier : Nikolaï PROROKOV & les poètes russes du Dégel n° 44