Les Hommes sans Épaules


DOSSIER : Georges HENEIN, La part de sable de l'esprit frappeur

Numéro 48
310 pages
17.00 €


Sommaire du numéro



Editorial : "La poésie en jeu", manifeste inédit, par Sarane ALEXANDRIAN

Les Porteurs de Feu : César MORO, par André COYNÉ, Jorge NAJAR, Roland BUSSELEN, par Christophe DAUPHIN, Poèmes de César MORO, Roland BUSSELEN

Ainsi furent les Wah 1 : Poèmes de Marie-Claire BANCQUART, XAVIER FRANDON, Cyrille GUILBERT, Jean-Pierre ELOIRE

Dossier : "GEORGES HENEIN, la part de sable de l'esprit frappeur", par Sarane ALEXANDRIAN, avec des textes de Guy CHAMBELLAND, Yves BONNEFOY, Henri MICHAUX, Joyce MANSOUR, Poèmes de Georges HENEIN

Ainsi furent les Wah 2 : "Les poètes surréalistes et l'Amour", par Hervé DELABARRE, Poèmes de Paul ELUARD, André BRETON, Philippe SOUPAULT, Benjamin PERET, Louis ARAGON, Pierre de MASSOT, Joyce MANSOUR, Ghérasim LUCA

Le peintre de coeur : "Madeleine NOVARINA, la Fée précieuse", par Christophe DAUPHIN, Poèmes de Madeleine NOVARINA

Une voix, une Oeuvre : Jasna SAMIC ou les migrations d'Avesta, par Thomas DEMOULIN, Poèmes de Jasna SAMIC

Les inédits des HSE : Dans l'embellie du jour, avec des textes de Janine MODLINGER

Les pages des Hommes sans Epaules : Poèmes de Elodia TURKI, Paul FARELLIER, Alain BRETON, Christophe DAUPHIN

Avec la moelle des arbres : Notes de lecture de Christophe DAUPHIN, Odile COHEN-ABBAS, Jean BENSIMON, Jean PEROL, Paul FARELLIER

Infos / Echos des HSE : Textes et poèmes de Jean ROUSSELOT, Christophe DAUPHIN, Simone WEIL, Lawrence FERLINGHETTI, Alain BRISSIAUD, Jimmy GLADIATOR, Jehan VAN LANGHENHOVEN, Abdul Kader EL JANABI, Adeline BALDACCHINO, François RUFFIN, Virgile NOVARINA

Présentation

GEORGES HENEIN, L’ESPRIT FRAPPEUR

(Extrait)

 par

Sarane ALEXANDRIAN

  

notre rôle n’a jamais été aussi beau

nous cultivons la première morsure des superstitions de l’avenir.

Georges Henein

 

(..) L’exil intérieur est un phénomène universel à notre époque : c’est ce sentiment d’être étranger dans son propre pays, de s’y trouver condamné au silence, à la pauvreté ou à la réclusion, parce qu’on ne pense pas comme les autres. Henein fut ainsi un exilé intérieur avant de connaître l’exil extérieur. Il s’irritait d’être enveloppé d’une atmosphère de dictature : « Nous descendons chaque jour un peu plus bas dans l’ineptie autoritaire du Prince au nez de sémaphore » (c’est ainsi qu’il appelait Nasser). Le tyran de La promenade philosophique du dictateur (in Notes pour un pays inutile), qui écoute la nuit incognito les divagations des « adorateurs clandestins du pouvoir », sera d’ailleurs trahi par « ce nez semblable à un maître de cérémonies dans un palais désert. » Un matin, en entrant dans son bureau directorial de la Gianaclis, Henein trouva assis à sa place un colonel, qui lui signifia qu’il était révoqué. Écarté de son poste sans préavis, il se prépara à l’émigration, non sans un profond déchirement. À Athènes durant l’été 1960, il nota (in L’Esprit frappeur) : « J’ai le sandwich infiniment triste… Il faut une énergie que je n’ai plus pour donner un sens au monde, mais d’autre part, il est épuisant de vivre à n’en plus finir dans le non-signifiant. Nous sommes les mauvais otages d’une cause qui n’a plus de nom. »

Après un séjour au Maroc, Henein s’installa à Rome en 1962 et entra dans la rédaction de l’hebdomadaire Jeune Afrique. Pour ce journal diffusé dans le Tiers monde, Henein effectua un travail culturel : « Je parle de Lewis Carroll aux Bantous et de Michaux aux Mauritaniens. Nous couvrons les sables, la savane et les deltas. Nous survolons les grands lacs… Je dirige une section intitulée Post-scriptum, assez étrange pour tout accueillir : de Brigitte Bardot à Raymond Lulle. » De temps à autre, un texte étincelant signalait sa présence. Par exemple, celui où il refuse les dogmes : « Bien des lecteurs nous demandent quelle est notre doctrine. Croient-ils sincèrement que les doctrinaires aient apporté au monde plus de liberté que de terreur, plus de beurre que de canons, plus de progrès matériel que de servitudes quotidiennes ? Les doctrines ont été conçues au niveau des principes et consacrées au niveau de la force. Elles partent de l’homme mais, trop souvent, ce départ est un adieu. »

En 1966, devenu rédacteur en chef de Jeune Afrique, Henein se fixa à Paris où son bureau avait été transféré. Henein publia là une chronique régulière, L’évènement ou la semaine en relief, rendant compte jour par jour des faits les plus importants de la semaine. En regard de la date du 28 septembre 1966, il écrivit : « André Breton est mort. Ce poète à qui l’on doit une prose resplendissante entre toutes a vécu dans l’intransigeance fragile et pathétique des âmes éprises de la rosée matinale. Il a toujours refusé de se soumettre à la dictée mesquine de la société. Il n’a pas composé avec les forces de décomposition. C’était le dernier druide, sorti de la forêt pour dire l’éclat du monde… Il apparaissait comme le provocateur des hautes œuvres, comme celui qui exige sans cesse davantage et ne se lasse que des esclaves. » Dès 1969, Henein fut chef d’enquête à L’Express, où il exposa les problèmes du Proche-Orient d’après les informations de ses envoyés spéciaux et son étude de la presse arabe.

On peut regretter qu’un poète si doué n’ait pas eu une production plus abondante, qu’un penseur à l’esprit si pénétrant se soit dispersé en de brillants articles dans des revues disparues, au lieu de se concentrer en un vaste essai. Henein se souciait plutôt d’avoir une personnalité que de faire une œuvre. Durant l’exil, quand il est devenu journaliste professionnel, Henein n’a pas publié de livre bien qu’il eût pu le faire : il était trop désenchanté de Paris et de ses intellectuels « engagés ». Henein disait : « Il s’agit de rejeter l’heure présente, l’heure Sartre… Le bon titre d’un traité de désartrisation serait : L’être et la cohue. » Henein s’enferma dans un silence éloquent, pesant, accusateur. Il se tut non par démission, mais par dédain envers une intelligentsia qui faisait écume à la surface des évènements, alors que son rôle était de susciter une vague de fond civilisatrice.

Georges Henein mourut à Paris dans la nuit du 17 au 18 juillet 1973, après plusieurs années d’une maladie qu’il nia farouchement, voulant vivre jusqu’au bout comme si de rien n’était, autant que possible. Ikbal fit rapatrier sa dépouille en Égypte. Georges Henein a été en notre temps ce que l’on considérait autrefois comme le meilleur compliment : un homme de qualité.

Sarane ALEXANDRIAN  

(Revue Les Hommes sans Epaules n°48, octobre 2019).

 

 

GEORGES HENEIN PAR LUI-MÊME

 

Q : Quelles sont les choses que vous détestez le plus ?

R : Prendre des décisions importantes. Bureaucratie haïssable de la décision : visas intérieurs que l’on se donne ou que l’on se refuse selon l’heure ou le prétexte, papier timbré du désir, séjour éternellement surveillé. Ce monde manque de marge. Et nos libres décisions ressemblent de si près à celles que la réalité prendrait pour nous si nous tardions à nous prononcer. C’est cela le fin fond de la liberté. Se décider, non pas le couteau sur la gorge, mais cinq minutes avant. Cinq minutes qui se flattent de sauver les personnes.

Q : quelles sont les choses que vous aimez le plus ?

R : Une sorte de hamac mental. La respiration ralentie et l’haleine des couloirs de paquebot. De temps en temps, l’entracte d’une voix traînante, au loin, posant délicatement un blues sur une blessure. Lire et relire sans cesse certaines phrases pivotantes (… Le Verbe Être de Breton, le rendez-vous dans l’Église de Rouen, dans Madame Bovary…) parmi les caresses impalpables, fines comme la pluie, circulaires, intelligentes, ruineuses en fin de compte, mais ce que j’aime par-dessus tout c’est qu’il n’y ait pas de fin de compte.

Q : Quelles sont les choses que vous souhaitez le plus ?

R : Arriver à ce point d’extrême pureté où la littérature se substitue à la vie. Car c’est alors et alors seulement, qu’il vaudrait la peine de parler et que les mots auraient un pouvoir et l’être une unité.

Q :  Quelles sont les choses que vous redoutez le plus ?

R : La tyrannie. La tyrannie du détail. L’administration. Le droit de regard. L’esprit bohême. L’inimité comme moyen de bien se connaître. La psychologie du sentiment. Les prises de température à chaque nouveau silence. J’allais oublier deux noms qui me font horreur plus que toute la bourgeoisie mondiale réunie : Nietzsche et Dostoïevski. Je ne crains pas l’ennui. Je crains que les autres ne prétendent le distraire par des contorsions inspirées.

Georges HENEIN

(Revue Les Hommes sans Epaules n°48, octobre 2019).

 

CARTE POSTALE

 

Elle debout

les seins pris au piège

ses paumes au goût d’alcool

écartées sur des baies

de douleur brune

comme l’intérieur des peaux abandonnées

ses paumes au regard immortel

fait en verre uniforme

ses paumes qui reçoivent les voluptés errantes

ses paumes fertiles qui détiennent les caresses

maintenant son corps se brise

cerceau défiguré

son ventre saille veiné

offert à la griffe qui dévaste

et son nombril fleurit

comme un halo captif

enfin rendu à l’amertume des nuits

et son corps s’arrache

aux albâtres muets

jusqu’à l’éclosion des chairs

Déesse qui remue ainsi qu’une chevelure

traînée par un seul vent

ton rut de chaudière

émeut les sols profonds

et déchire avec râle les longues plaines fardées

les rivières se croisent en toute liberté

et les feuilles adultes

essuient ta lèvre humide

ton écorce blessée de Madone en couleur

dont bat le désir contre les murs hostiles

se fend dans une clarté

qui brûle les opéras

Toi incomparable

Toi qui saignes !

Femelle en jouissance

qu’irriguent les sueurs troubles

tandis que els lianes coupent tes glandes jaillissantes

Toi qui défies les étreintes

des colonnes rivales

le supplice qui te tue est la croix de joie

je vois sur la terre une cendre pareille

à l’extrémité d’un doigt qui pend

sans compter l’odeur calabre de la mort

Georges HENEIN

(Revue Les Hommes sans Epaules n°48, octobre 2019).



Revue de presse

Lectures :

Les Hommes sans Épaules : des voies poétiques

Souvent, les numéros des Hommes sans Épaules attirent par leur dossier, leur thème, le territoire qu’ils proposent d’explorer à ses lecteurs. On est enthousiasmé ou déçu, c’est selon. Peu importe d’ailleurs, au fond, que la poésie chilienne nous frappe singulièrement et que l’anthologie tahitienne nous laisse un peu froid. C’est la diversité des directions, la place offerte à des textes qui comptent. La manière dont il se combine avec des essais, des présentations toujours précises et informées. Il faut bien dire que c’est une revue qui s’apparente un peu à une ogresse. On n’y lésine pas sur la matière, sur les propositions. Il faut assurément une sacrée énergie, peut-être aussi un peu d’obstination, pour publier des volumes si variés.

Le 48e numéro propose un dossier comme toujours – ici consacré à l’écrivain surréaliste égyptien Georges Heinen. Journaliste à l’Express, à Jeune Afrique, il semble avoir quelque peu disparu de l’attention des lecteurs. Raison de plus pour s’attacher à une figure atypique et discrète. On y lira un portrait touchant d’un homme retenu, modeste, sous la plume assez douce d’Yves Bonnefoy, ou bien, et peut-on espérer meilleur éloge, ces lignes d’Henri Michaux qui le désigne comme un passant magnifique qui traverse le monde : « il aura vécu en se promenant dans la nature, la nature des hommes en société, des hommes de toute espèce, qu’en curieux il parcourait – les traversant sans les salir. Au-delà d’eux, il aspirait à rencontrer d’autres aventuriers de l’esprit. » Suivent un poème de Joyce Mansour, des textes d’Heinen lui-même, ainsi qu’une assez longue étude de Sarane Alexandrian disparu en 2009 dont le manifeste La poésie en jeu ouvre cette livraison de la revue.

Et c’est ce texte qui donne une tonalité au numéro, qui lui donne une direction. Car si on trouve des textes toujours aussi riches, depuis Breton, Éluard, Aragon, Péret, Soupault, mais aussi des études et des extraits de César Moro ou Roland Busselen, ainsi que les habituelles notes de lectures, une réflexion de Christophe Dauphin sur la peinture de Madeleine Novarina, c’est bien la question de ce qu’est le poème, la poésie, le rapport du poète avec le monde qui compte ! On lira ainsi les mots inauguraux du texte d’Alexandrian : « L’essence de la création littéraire se découvre à l’horizon de cette folle question : qui, du langage ou du silence, possède une existence autonome et que le surgissement de l’un ou de l’autre vient rompre ou troubler ? »

Ce sont les mêmes interrogations, à la croisée de l’intime et du monde social, comme mises en partage qui portent les textes inédits de Marie-Claire Bancquart que publient les Hommes sans Épaules. Elle écrit : « Essayer de parler, et si possible de faire sentir, selon ce décalage essentiel avec un usage paralysant de la langue et de l’existence, un poète ne peut rien d’autre. Mais son emportement est irremplaçable/ Il (elle) crie le cri, pour susciter d’autres cris. Et aussi d’autres amours, d’autres joies devant les choses. Il change, non sans doute la vie, mais les rapports avec la vie. » Ajoutant qu’elle écrit de la poésie parce que « ces idées, ces conduites, ces mots qui figent la pensée, on ne peut y répondre que par la poésie. Elle est tout le contraire : un emploi propre du mot propre, la mise en évidence d’une relation. »

Ce que dit Marie-Claire Bancquart relève d’une sorte particulière d’étonnement. Il s’y entend un d’enthousiasme lucide, une lutte dans la langue pour conserver un rapport émerveillé au réel, pour ne pas choir dans une déréliction stérile. Elle souhaite une poésie du sujet certes mais qui ne soit pas isolée, qui demeure ouverte, généreuse, accueillante. Il se trouve une liberté dans la langue et la poésie représente « un besoin vital, une énergie, un moyen d’‘être (un peu) là’ en approchant le monde. » Il se trouve que, bien souvent, cette exigence, ce désir, cette énergie, animent les revues, ceux qui les font, les portant en quelque sorte à se dépasser.

Hugo PRADELLE (in www.entrevues.org, le 23 novembre 2019)

*

" Le dossier de ce numéro de la revue dirigée par Christophe Dauphin est consacré à Georges Henein (1914 – 1973). Les HSE fêtent aussi les dix ans, dix ans déjà, de la disparition de Sarane Alexandrian (1927 – 2009), le second grand penseur du surréalisme avec André Breton. Christophe Dauphin a puisé dans les archives de Sarane Alexandrian pour nous proposer en guise d’éditorial un inédit, La poésie en jeu, dont vous trouverez ici cet extrait significatif de l’alliance répétée entre  métaphysique et réel par la poésie :

« L’instinct poétique peut ainsi se postuler et se définir comme un produit archétypique de la conscience, universel parce qu’associé à un devenir indéterminé, et phénoménal parce qu’étant de dénouement apodictique d’un recensement inconscient du réel, correspondant à l’interdépendance de l’être et de la réalité extérieure. La poésie s’exerce dans la vie quotidienne. Elle est par excellence l’aliment de la pensée, aussi doit-elle prendre pour thèmes les événements sensibles susceptibles d’émanciper l’homme, de le situer in fieri dans le concret. Ainsi, la poésie est matérialiste ou elle n’est pas. »

Il oppose ainsi la poésie au roman, seul capable de révéler par exemple l’essence de l’acte sexuel, « de créer des mythes érotiques avec le maximum de suggestion ».

Le dossier « Georges Henein » rassemble des contributions de Guy Chambelland, Yves Bonnefoy, Sarane Alexandrian, Henri Michaux, Joyce Mansour et quelques poèmes de Georges Henein ; Georges Henein, que Sarane Alexandrian désigne comme « un homme de qualité » fut l’une des figures les plus intéressantes des avant-gardes. Son œuvre, c’est-à-dire sa vie, s’inscrit dans un double exil, intérieur et extérieur, et une volonté farouche de renversement en puisant dans « un imaginaire absolu » tout en maintenant une activité politique très anti-conformisme.

A la question « Quelles sont les choses que vous souhaitez le plus ? », il répond :

« Arriver à ce point d’extrême pureté où la littérature se substitue à la vie. Car c’est alors et alors seulement, qu’il vaudrait la peine de parler et que les mots auraient un pouvoir et l’être une unité. »

Extrait du poème « Le signe le plus obscur »

« écoutez-moi

la terre est un organe malade

 

un cri depuis toujours

debout

dans une maison de cendre

 

le moment de fuir sur place

et d’achever les absents

– il faut scier la vitre

pour rejoindre les loups

 

entre l’esclandre et la vie partagée

et le cristal rebelle

lavé d’une seule larme

 

parmi les débris que l’on pousse devant soi

pour se faire précéder de son passé

 

parmi les êtres fidèles

qui sont la reproduction fidèle

des êtres oubliés… »

 

Egalement au sommaire du numéro 48 : Les Porteurs de Feu : César Moro par André Coyné, Jorge Najar, Roland Busselen par Christophe Dauphin, poèmes de César Moro et Roland Busselen – Ainsi furent les Wah 1 : Poèmes de Marie-Claire Blancquart, Xavier Frandon, Cyrille Guilbert, Jean-Pierre Eloire – Ainsi furent les Wah 2 : « Les poètes surréalistes et l’Amour », par Hervé Delabarre, Poèmes de Paul Eluard, André Breton, Philippe Soupault, Benjamin Péret, Louis Aragon, Pierre de Massot, Joyce Mansour, Ghérasim Luca – Le peintre de coeur : « Madeleine Novarina, la Fée précieuse », par Christophe Dauphin. Poèmes de Madeleine Novarina – Une voix, une Oeuvre : Jasna SAMIC ou les migrations d’Avesta, par Thomas Demoulin. Poèmes de Jasna Samic – Les inédits des HSE : Dans l’embellie du jour, avec des textes de Janine Modlinger – etc.

Un poème de Madeleine Novarina :

 

« Ma couleur intérieure »

 

« Je suis rouge

Les daltoniens me confondent avec la verdure

Plante sans racine marchante

Troène taillé en donzelle

Mur de luzerne découpé en femme

Dressée contre tout et l’ensemble

Je m’oppose verte mas au fond rouge

Très rouge je le répète incroyablement rouge. »

Rémi BOYER (in incoherism.wordpress.com, 20 novembre 2019).

*