Marie-Claire BANCQUART

Marie-Claire BANCQUART



Marie-Claire Bancquart (née en 1932, dans l'Aveyron) a été présentée (par Paul Farellier) et publiée comme «Porteur de Feu», dans la troisième série des HSE 33 (2012), vingt ans après le dossier qui lui fut consacré dans la deuxième série de notre revue (n° 5, 1991). Elle y confiait déjà des inédits, mais également, pour deux poèmes publiés, des « versions de travail » qui mettaient en évidence les étapes de maturation dans l’atelier du texte ; au fil de l’entretien – sous forme de questions-réponses – qui accompagnait cet ensemble poétique, nous relevons ce passage : « Comme expérience, ma poésie se confond avec une expérience vitale. Interrogation sur notre origine, sur notre place « intenable », à proprement parler, dans un monde scandaleusement livré au mal, au précaire. Sentiment que l’au-delà est impossible, quoique si fortement il nous paraisse nécessaire. Mais amour d’un monde si doux dans le quotidien, si violent dans le plaisir. Présence du corps traversé, blessé, magnifié. En somme, le plus de possession dans le plus de non-possession. » Les phrases soulignées le sont par nous ; elles nous paraissent fixer l’un des aspects essentiels de cette œuvre poétique, à savoir qu’elle se résout ou même se décide, en place d’une espérance, à ne connaître qu’un grand immanent, dont le corps est à la fois l’image et le lieu, et la mort, le garant de la valeur du vivre.

L’enfance du poète a été marquée par une tuberculose osseuse, à une époque qui ignorait encore les antibiotiques : d’où quatre années dans le plâtre, une longue convalescence et pas d’école primaire. Survient une rechute durant l’année de Terminale, mais, cette fois, l’antibiothérapie existe : de nouveau plâtrée en 1949-1950. Ensuite, le cursus universitaire est brillant : École Normale Supérieure, puis, agrégation et doctorat, enfin professorat d’Université. Marie-Claire Bancquart est à présent professeur émérite à l’Université de Paris-IV Sorbonne, auteur d’essais, d’articles et de conférences sur les prosateurs français du XIXe siècle (Anatole France, Maupassant, les écrivains « décadents »…), et sur les poètes, depuis les surréalistes jusqu’aux contemporains (articles sur les récentes publications, notamment dans la revue Europe).

À lire : Mémoire d’abolie (Belfond 1978), Partition (Belfond, 1981), Votre visage jusqu’à l’os (Temps Actuels, 1983),  Opportunité des oiseaux (Belfond, 1986), Opéra des limites (José Corti, 1988), Sans lieu sinon l’attente (Obsidiane, 1991), Dans le feuilletage de la terre (Belfond, 1994), Énigmatiques (Obsidiane,1995 ), La vie, lieu-dit (Obsidiane/Noroît, 1997), La paix saignée, précédé de Contrées du corps natal (Obsidiane, 1999), Rituel d’emportement (Le Temps qu’il fait/Obsidiane, 2002), Anamorphoses (Écrits des Forges, 2003), Avec la mort, quartier d’orange entre les dents (Obsidiane, 2005), Verticale du secret (Obsidiane, 2007), Terre Énergumène (Le Castor Astral, 2009), Explorer l’incertain (L’Amourier, 2010).
 
Paul FARELLIER
(Revue Les Hommes sans Épaules).



Publié(e) dans la revue Les Hommes sans épaules



 
Dossier : HORIZONS POÉTIQUES DE LA MORT n° 31

Dossier : La parole est à PIERRE CHABERT n° 33