Dans la nuit passante

Hors Collection


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Dans la nuit passante

Paul FARELLIER


ISBN : 2-87406-110-7
52 pages - 12.5 x 20.5 cm
7.50 €

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  • Du même auteur

" Il s’agit ici de nocturnes, d’un murmure de soi à soi. La ville parfois s’entend : « Les longs pneus de la rue mouillée traversent le lit », mais il s’agit surtout d’habiter la nuit, de se réduire : « loge au point aveugle », dont la nuit est peut-être la métaphore; de descendre jusqu’à « l’insu », « chose d’aucun mot (...) cendre d’aucun feu ». Règnent « l’aorte noire », formidable image, « l’ombre », «neige de noir / ou rien». Encore une très belle image. "

Henri HEURTEBISE (in Multiples, n° 58/59, 2000).

 

 

Cette voix
tout au fond du monde,
 

cette voix qui tombe
loin de ta parole et de son temps,
 

loin de ces désirs de joie
où tu perds ton ombre,
 

voix hors de propos,
appel dru lacérant ta présence,
 

griffe du profond labour,
 

cette voix sans toi,
pour toi, tout au fond
 

de toi l’inattentif.

Paul FARELLIER

(Poème extrait de Dans la nuit passante, L'Arbre à paroles, 2000).


Critique

Jean BRETON, in Les Hommes sans Épaules, 3ème série, n° 10, 1er trimestre 2001, p. 111 :

"Qui sommes nous, sans cesse « en perte de visage » ? Un labyrinthe que le va et vient onirique éclaire d’une lampe de poche. Il y a chez Paul Farellier une pudeur, un refus aussi de toute surenchère verbale. On est lié à un mot à mot presque janséniste. Le poète se défie de la parole qui « tombe en limaille », il veut l’humilité, la clarté, la sécurité du silence ; il aspire au besoin peu répandu de « loger au point aveugle » des choses. D’où son goût pour la nuit – qui va plutôt à l’essentiel. Nous voici alors à fond dans notre « attente », notre perception accrue. Égalisons les vibrations, les contradictions. Scrupule, modestie, lucidité reine, c’est le tremblé de ce trio qui écrit notre identité, même si elle bouge à peine. […] L’homme est guetté par l’effacement du lieu et de l’être qui l’habite. Mais il sera souvent coopté par le regard des « étoiles » et « le cri de beauté » qu’elles nous lancent. Rôde une certitude que le poète, avare de confidences, ne nous livre que de biais : « une voix » saura un jour nous atteindre. On rejoint ici un mysticisme tout de prudence : J’ai rêvé :/ il restait ce carrefour d’éternités »..."