Tes rives finir

Hors Collection


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Tes rives finir

Paul FARELLIER

Poésie

ISBN : 2-87406-275-8
60 pages - 12.5 x 20.5 cm
7.50 €

  • Présentation
  • Presse
  • Du même auteur

Denise BORIAS, in ARPA, n° 85, février 2005 :

" C’est à une subtile méditation sur le temps et sur l’existence même du poème que nous convie Paul Farellier, dans ce recueil, tout empreint de mémoire et d’interrogations. L’angoisse, pour être pudique et maîtrisée, n’en est pas moins perceptible au fil des textes. En ce pays où « près du bord » nous sommes « invités à jongler sur notre vertige », Paul Farellier, dans une langue très raffinée, s’interroge sur le fragile pouvoir du mot « soudain sorti de l’ombre », sur le temps ainsi retenu effaçant le cri... […] L’homme avance depuis l’aube dans « le vide initial », sur « les lignes de fuite » proposées par le temps. Et la durée se révèle infime ; le soir il s’aperçoit que « le vide est à refaire : nous construisons les décombres ». L’émotion affleure constamment sous la forme dense, très élaborée, où s’ébauche le constat d’une vie. "

 

 

Cela passait par la mémoire,
venait très doux

comme une main posée sur l’épaule,
une victoire distraite de l’absence.

Le matin seulement,
sur ses premiers pas,

une rouille fugitive
pour surprendre la saison.

Non l’avenir
qui se grime en promesse,

mais ce bord perdu

à rêver la saveur du temps.

 

Paul FARELLIER

(Poème extrait de Tes rives finir, L'Arbre à paroles, 2004).

 


Critique

 

Jeanne MAILLET, in revue L’Estracelle, n° 4 – 2006 :

" On ne saurait imaginer l’auteur de Tes rives finir que vivant dans la nuance, le froissement d’un temps de vivre entre « arbres d’espérance », « alerte de plaisir » et obsession, presque, d’un vide existentiel. D’où ce mouvement de balancier qu’expriment les textes de ce recueil : un pas en avant, on « ose » dire ce qu’on cherche, puis un temps de recul, par crainte d’entendre ce qu’on ne souhaitait pas. Et justement ceci : que les ruines rognent toujours la vie, que les rêves s’effritent ; bref que nous sommes condamnés à être « flagellés d’instants ». Plongée des regards sur les paysages, soupir « lentement soulevé comme un sein de falaise » (la belle, la puissante image !), et l’aube sans reproche, nette, claire, promise où l’imagination se perd, nous sommes entraînés malgré nous par les images comme un troupeau affolé (mais attentif) vers quelque catastrophe imminente. On frémit, on tremble un peu avec le poète de ce manque de certitude, de cette fuite des autres, lui qui souhaiterait tant trouver « pensé de distance » les mots définitifs qui seraient délivrance. Le texte qui clôt l’ouvrage est, nous semble-t-il, explicite et livre même discrètement, la clef de l’énigme : et si « mémoire et souffle » (ce qui nous constitue donc) n’étaient que « longs recommencements » ? Dans les difficiles définitions du temps, ce serait comme une révélation géographique et métaphysique ! Des millénaires de souvenirs ployés comme les strates d’une montagne et l’écho, en infinie résonance ! De quoi égarer le raisonnement et alimenter la « foi ». "