Parlant bas sur ciel

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Parlant bas sur ciel

Paul FARELLIER

Poésie

ISBN : 2-87406-299-5
68 pages - 14.5 x 21 cm
12 €

  • Présentation
  • Presse
  • Du même auteur

Michel PASSELERGUE, in revue Pollen d’azur, n° 25, 2005 :

" Les poèmes de Paul Farellier frappent d’emblée par l’économie rigoureuse de leur composition et par leur densité. Une densité paradoxale car elle tient à la ténuité des notations, au tracé quasi aérien de phrases dont inflexions et ruptures ne font qu’intensifier un questionnement toujours latent. […] Écriture resserrée sur les éclats d’une mémoire friable, jeu toujours renouvelé de la syntaxe et de ce qu’on pourrait nommer mise en partition du poème, harmonie verbale propre à laisser vibrer « le halo du silence » dans chaque interstice de la parole – tels sont les atouts majeurs d’une poésie qui touche par ce qu’elle nous suggère du poids des « années nuits », que celles-ci portent l’ombre à distance dans le révolu ou le pressenti. Une poésie qui tente de déchiffrer « le mot à mot du temps ». En quelques traits à peine esquissés (« le soir bourgeonné de lampes », « comme si la nuit / passait en amont du temps », « l’aube met les yeux dehors ») Paul Farellier éclaire à la flamme de l’instant de vastes pans de mémoire ou de prescience ".

 

 

L’heure en nuages venue

– son haleine de fer.

Il y a moins de temps dans tes veines,
et il bat plus vite ;

dans le souffle,
un peu plus de sable crisse

entre des pierres nues.

Rendre à l’été sa main de lumière,
le délier de ses promesses :

plus rien qu’un soleil ras
pour faucher les pluies glaçantes.

Peut-être alors tes mots
iront-ils te chercher dans ton ombre,

inconnu à ton propre visage.

 

Paul FARELLIER

(Poème extrait de Parlant bas sur ciel, L'Arbre à paroles, 2004).


Critique

Éliane BIEDERMANN, in revue Friches, n° 93, printemps 2006 :

" Après un hommage au père disparu, l’auteur poursuit l’œuvre de celui-ci qui était peintre, en utilisant les mots sur sa palette de poète. Il le fait avec la délicatesse des artistes d’Extrême-Orient dans une mosaïque de touches légères : « Avant l’heure l’ailée s’éveille, / marche dans son jardin, / remue un peu de lumière. / Il a plu dans la nuit: / les flaques décideront le ciel. » Ici, les lumières de l’aube sur des jardins noyés de pluie font reculer l’ombre de la mort. […] Le mystère de notre identité, mémoire et passé qui se dérobent, hante la poésie de Paul Farellier. L’ombre et le miroir en sont des variantes qui apparaissent d’une manière récurrente. La célébration de la nature, « signe en paradis », et une quête fébrile de soi-même sont les composantes majeures de ce très beau recueil : « Le temps t’aveugle d’images, de reflets, de regards. / Que cherches-tu / sinon ta parole d’ombre ? / Un seuil est là / qu’il te faut déceler, / la demeure de la voix, / le sombre où luira ton silence ». "