Les Hommes sans Épaules


René DEPESTRE, Roger KOWALSKI, les éditions GUY CHAMBELLAND

Numéro épuisé
Numéro 10
128 pages
Premier semestre 2001

Sommaire du numéro



Editorial : "D'un coup de rame furtif", par Alain CASTETS

Les Porteurs de Feu : Poèmes de René DEPESTRE, Roger KOWALSKI

Ainsi furent les Wah : Poèmes de Christian BACHELIN, Michel BAGLIN, Alain BRETON, Chantal DANJOU, Thomas DURANTEAU, Jean-Paul GAVARD-PERRET, Yannick GIROUARD, Suzanne JARDON, Jack KÜPFER, Daniel LANDER, Yves MAZAGRE, Ludovic TOURNÈS, Annick TOUSSAINT

Une voix, une œuvre : Jacques SIMONOMIS - "Une écriture n'a pas de barreaux", par Christophe DAUPHIN, Poèmes de Jacques SIMONOMIS

La Poésie et la mémoire : "Franck Balandier - Les Prisons d'Apollinaire", par Jean DUBACQ, avec des textes de Franck BALANDIER

Rires et coups de griffes : "Pensées choisies", par Pierre DAC

Dossier (l'édition de poésie en France) : Les éditions GUY CHAMBELLAND. Interview et poèmes de : Charles d' ORLÉANS, Claude LE PETIT, Paul VERLAINE, Jules LAFORGUE, Paul MORAND, Hélène PICARD, Tristan TZARA, Jean COCTEAU, Marie-Françoise PRAGER, Thérèse PLANTIER, Alain SIMON, Gabriel VARTORE-NEOUMIVAKINE, Guy CHAMBELLAND

Avec la moelle des arbres : Notes de lecture de Jean BRETON, Jean DUBACQ, Jacqueline BREGEAULT-TARIEL, Christophe DAUPHIN, Lionel LATHUILLE, Claire BOITEL

Présentation

UNE DEFINITION DE LA POESIE

La poésie, c'est notre père qui arrive un soir

Sous une pluie torrentielle, et qui nous chante

Une complainte qu'il a composée pour une petite

Cuillère en argent.

Notre père voulait arrêter la pluie de septembre

avec une petite cuillère, et la pluie a retourné son

esprit comme un vieux pantalon.

La poésie, c'est :

    Un père haïtien qui perd la raison

    Pour une petite cuillère mise en chanson

    sous une pluie qui pousse avec rage

    Tout près de notre enfance !



René DEPESTRE

(in Les Hommes sans Epaules n°10, 2001).



DEMAIN



Le vent demain lèvera mes ombres ;

le poisson arrondira ses lèvres blanches sur mon nom ;

la voix de feu secondera la mienne et le fil n’aura jamais été plus tendu ni plus musical.

Demain.

L’eau, la première, la très noire, dans ses gestes lavera le souffle qui ne m’appartient plus,

la bouche que je n’ouvrirai pas sinon pour entrer dans la tendre mort - et vous aurez tenu mes mains dans les vôtres -

Ah, demain, seulement demain ;

il faut pour l’heure s’efforcer de ne pas défaillir à tâcher de pénétrer dans l’aiguille par sa pointe.



Roger KOWALSKI

 (in Les Hommes sans Épaules n°10, 2001).